AVIS D’EXPERT Crédit immobilier taux d’intérêt au Maroc
« PRENDRE ACTUELLEMENT UN TAUX VARIABLE N’A PAS DE SENS »
Le courtier en prêt immobilier a une vue d’ensemble sur le secteur qui lui permet de se prononcer sur les changements qui s’opèrent sur le volet du financement du bien immobilier. Eclairage.
Challenge. Existe-t-il une réelle concurrence des offres entre les différentes banques ? Pourquoi ?
YC. Oui, il y a une vraie concurrence entre les offres bancaires, et cela, à deux niveaux. Tout d’abord en termes de nature d’offres. Par exemple, les prêts In Fine, les prêts Relais, sont des produits bancaires très différents d’une banque à l’autre (voire inexistants chez certaines). Ensuite, il y a la compétitivité des offres à un instant «T». En effet, en fonction de la liquidité disponible, de l’agressivité, de la politique commerciale, et des recommandations édictées par le département des Risques, les offres peuvent être plus ou moins compétitives en termes de : taux d’intérêts, taux d’assurance, indemnités de remboursement anticipées, endettement admissible, durée de prêt admissible, apport nécessaire… Ce sont la réponse à ces critères qui font la compétitivité d’une offre, et au regard de ces critères, elles sont très différentes.
C. Quel est le taux le plus bas qu’un client peut négocier avec unebanque? Comment peut-il y arriver?
YC. Cela dépend du profil du client. En général, les taux les plus bas sont accordés par la banque selon la force de négociation de l’interlocuteur. Un promoteur immobilier par exemple, a un important levier de négociation du fait du volume qu’il peut traiter avec la banque. Mais en principe, en taux fixe, pour un résident, les taux vont varier entre 5,15 % à 7,5 % en fonction de la qualité du dossier, Pour un non résident, cela varierait entre 5,30 % et 7,5 %. Mais un taux facial est trompeur. L’assurance peut varier du simple au double en fonction de la banque. Donc attention à ne pas tomber dans le piège du taux. Maintenant, je ne peux m’empêcher de vous dire que c’est en passant par un grossiste que l’on obtient les meilleures conditions.
C. Concernant la réforme sur le taux de calcul des taux d’intérêts (indexation sur le taux interbancaire au lieu des bons du Trésor), que va-t-elle concrètement impliquer chez un nouveau client ? Et chez un client qui a contracté un crédit avant l’entrée en vigueur de cette réforme?
YC. Chez un nouveau client qui prendrait un prêt à taux variable, celui-ci serait indexé sur le taux interbancaire. Pour les anciens, ils ont été contactés par leur banque qui leur a soumis trois alternatives selon la circulaire de Bank Al Maghrib. Il peut conserver son taux variable indexé sur les bons du trésor (cette option est extrêmement risquée pour le client du fait des perspectives haussières prévues sur ce marché par les analystes). Ou bien, il peut conserver son taux variable avec «la nouvelle indexation», dans ce cas, attention aux interventions de la Banque Centrale quant à l’évolution prévue de l’inflation et donc, de son taux directeur. L’emprunteur peut enfin passer du taux variable au taux fixe.
C. Que conseilleriez-vous aujourd’hui à un client : un taux fixe ou un taux variable?
YC. Franchement, je dirai que prendre un taux variable actuellement n’a pas de sens. Il faut garder en mémoire qu’il y a 10 ans, les taux étaient à 11,5%. Aujourd’hui, ils sont entre 5% et 6%, et ils ne peuvent structurellement pas descendre en dessous de 4,75% (taux directeur + marge minimale de la banque). Alors qu’au contraire, ils pourraient monter à 7% ou 8% dans les années à venir. De plus, en cas de baisse significative dans le cas d’un taux fixe, on peut en profiter en faisant un rachat. Donc, sans d’hésitation, je conseillerai de prendre un taux fixe, et comptez sur nous pour vous aider à le négocier au mieux de vos intérêts.


