Agadir ou la renaissance d’une ville démolie
Qui ne connaît pas Agadir ? Ville balnéaire marocaine réputée dans le monde entier, destination privilégiée des touristes en mal de soleil, connue pour ses belles plages et son climat clément une grande partie de l’année mais aussi par son port de pêche récemment réaménagé et par l’activité agricole de la région, Agadir est également entrée dans l’histoire et la mémoire collective pour des raisons plus douloureuses.
Il y a cinquante ans, la terre gadirie a tremblé, détruisant largement la ville, rivant des centaines d’individus de leur foyer, en tuant et en blessant des milliers l’autres. Ce tremblement de terre est considéré comme la catastrophe naturelle la plus atroce de l’histoire de la ville du sud. Après le choc des premiers jours, les mesures de secours et les tentatives de retrouver des survivants, la reconstitution de la ville commence. Le coup d’envoi des travaux est donné rapidement. Les architectes affluent de tout le pays vers Agadir et chacun veut contribuer à redonner vie à la ville. De nombreuses mesures ont été prises à ce moment-là, notamment le déplacement du centre ville légèrement plus au sud, la mise en place d’un nouveau plan urbain, le choix de matériaux de construction (béton armé, normes anti-sismiques…).
L’expérience de la reconstruction d’Agadir est unique, non reproduite nulle part, inscrite dans le mouvement international de l’architecture moderne. Les réalisations sont ambitieuses, riches en enseignements, somptueuses, tant d’un point esthétique que plastique. Les autorités de l’époque, notamment le roi Mohamed V, ont fait en sorte de mettre en place toutes les mesures nécessaires juridiques, financières, administratives et foncières pour permettre aux travaux de démarrer rapidement.
Casamemoire souhaite s’associer à la célébration de ce cinquantenaire de la reconstruction d’Agadir et présenter l’histoire architecturale de cette ville à ceux et celles qui s’y intéressent. Une commémoration de cet anniversaire sera organisée par le conseil municipal de la ville du 26 au 28 février 2010. En marge de ces manifestations, l’association Docomomo-Maroc et le Conseil Régional des Architectes du sud (CROAS) organisent une série de tables rondes et d’ateliers qui devraient permettre de dresser un bilan objectif de l’évolution de cette ville
jeune permettant de rectifier les dérapages passés et de mieux préparer les challenges à venir pour le bien des populations, actuelles et futures.
source :
Association de sauvegarde du patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc



