Les Belges prospectent au Maroc
L’immobilier haut et moyen de gamme est le segment le plus visé.
Les hommes d’affaires belges multiplient ces dernières années les missions économiques vers le Maroc, qui de par sa proximité de l’Europe, sa stabilité politique, l’utilisation de la langue française, s’affirme comme un marché porteur pour les investisseurs étrangers.
Actuellement, l’accent est mis sur le secteur de l’immobilier et du bâtiment qui offre de nouvelles opportunités à saisir. En effet, une trentaine d’entreprises belges actives dans les domaines du bâtiment, de la construction, du génie-civil et de l’aménagement urbain présenteront leurs produits et activités au pavillon belge à la Foire internationale de Casablanca à l’occasion du Salon international du bâtiment (SIB) prévu du 1er au 7 novembre 2010.
Sur ce total, quatre sont déjà installées au Maroc et deux sont en cours d’implantation. Leur but étant également de faire valoir leur expertise et leur savoir-faire dans ce domaine d’activité. Les entreprises qui prendront part à cette grand-messe du bâtiment, proposent des solutions et produits novateurs en domotique, en menuiserie, en matériaux de construction, en conseil, en énergie renouvelable, en construction, etc.
«Le marché de l’immobilier au Maroc offre de bonnes perspectives car les produits de qualité sont toujours demandés malgré la crise. De plus, il y a une prise de conscience de l’importance de l’efficacité énergétique dans la construction», souligne un architecte belge.
Du côté des promoteurs immobiliers, deux opérateurs belges seront de la partie. Il s’agit de Koeckelberg qui est déjà implanté au Maroc et qui a bâti 10 immeubles à Cabo Negro et construira un hôtel de luxe sur place.
Un autre entrepreneur, BK Construct, est également en train de prospecter le marché et compte établir des contacts et rechercher les bonnes opportunités d’investissement. «Les promoteurs belges sont performants surtout dans l’éco-habitat», a souligné Takis Kakayannis, conseiller économique et commercial, lors d’une rencontre organisée mercredi dernier à Casablanca. Et d’ajouter : «Le principal frein reste le foncier dont le prix est plus élevé qu’en Belgique».
Les quelques promoteurs immobiliers qui opèrent au Royaume investissent plus dans le haut et moyen de gamme et préfèrent plus les villes de Tanger, Marrakech, Agadir et Taroudant.
Concernant le retrait de Thomas & Piron du Maroc, le conseiller économique estime que c’était plus une opération win-win vu que le groupe belge a ramené dans son sillage beaucoup d’entrepreneurs qui sont restés même après le retrait de l’ex-aménageur-développeur de la station Lixus. A rappeler que l’économie belge s’oriente de plus en plus vers la production de services. Selon l’Ambassade de Belgique au Maroc, la valeur ajoutée par secteur d’activité se décline comme suit : 2,78 milliards d’euros pour l’agriculture et la pêche, 48,24 milliards d’euros pour l’industrie, 10,83 milliards d’euros pour la construction, 155,65 milliards d’euros pour les services marchands et 45,29 milliards d’euros pour les services non marchands.
Accompagnement financier
Dans le cadre de la coopération entre le Maroc et la Belgique, l’Agence Wallonne à l’exportation (AWEX) a signé une convention avec l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME). Cet accord permet aux importateurs marocains de bénéficier d’un don de 35% sur tout achat de matériel ou d’un service émanant de la région wallonne. Le montant global de la ligne de financement s’élève à 1.313.230 euros depuis sa mise en application.
Rappelons aussi que le nouveau programme de coopération 2010-2013, la Belgique a décidé d’accroître sa contribution budgétaire qui est passée à 80 millions d’euros, soit le double du programme précédent.
Grâce à cette augmentation significative, la Belgique se classe en deuxième place des pays donateurs au niveau de la coopération bilatérale, précise l’Ambassade de Belgique au Royaume. Rappelons aussi que lors de la récente visite au Maroc du vice-président du gouvernement wallon, ministre de l’Enseignement supérieur, ministre de l’Economie, du Commerce extérieur, des PME et des nouvelles Technologies, SEM Marcourt, il a eu des entretiens avec des responsables marocains dont le Maire et les élus de Mohammedia qui ont évoqué des éventuels partenariats entre la région et la ville des roses portant sur des projets dans les domaines de la formation du personnel administratif, le tri et la collecte des déchets ainsi que l’éclairage public.
Par Nadia DREF | LE MATIN