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Immobilier au Maroc: L’effet MRE n’a pas pris cet été

Les promoteurs immobiliers qui attendaient l’été pour écouler une partie de leurs appartements auraient été bien déçus. Selon la fédération nationale marocaine des promoteurs immobiliers, «l’effet MRE n’a pas pris cette année ». A son origine, les prix jugés exorbitants et une pratique de noir qui « bloque toute initiative ». L’été 2010 n’aura pas été concluant pour les promoteurs immobiliers marocains. Ceux qui attendaient cette période et l’arrivée des MRE pour écouler une partie de leurs stocks ont été bien déçus. A la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, on explique que «l’effet MRE n’a pas pris cette année ». En cause « les MRE qui n’étaient pas rentrés depuis 2007-2008 ont été surpris par la chéreté des prix. Ce qui a bousculé leurs projets d’achat ».
Fadila, qui vit en Floride depuis quinze avec son époux marocain confirment ces propos. Cette été, le couple regagne le Maroc pour les vacances. Ils n’étaient pas rentrés depuis cinq ans et souhaitaient acquérir un logement à Casablanca, un « pied à terre » pour leurs futures vacances. Mais les prix s’avèrent ahurissants. Dans des quartiers comme Bourgogne, dont l’un deux est originaire, les prix du mètre carré avoisine les 17.000 DH. Et ce n’est pas tout. Les promoteurs exigent 25 voire 30% du prix.
Pourtant, la Fédération avait déclaré quelques mois auparavant que le noir serait supprimé. C’est donc archi-faux.
Fadila est repartie en Floride décidée, avec son époux, à y acquérir un logement bien moins cher que ceux de Casablanca. Leur maison et celle de leurs enfants sera donc en Amérique. Pour le Maroc ils se contenteront de rester chez leurs parents, comme ils avaient l’habitude de le faire.
Fadila n’est pas la seule dans ce cas de figure. Nombreux sont les MRE à avoir été dissuadés par les prix des appartements au Maroc. Ceux qui projetaient ‘y acquérir un logement ont fini par s’installer définitivement dans les pays d’accueil où les logements semblent moins chers et les taux d’intérêt bancaires bien plus intéressants.
Les prix continuent d’augmenter, d’année en année, malgré la crise. Et les promoteurs n’entendent pas se passer de noir.
«Lorsqu’un promoteur vous demande 450.000 ou 500.000 DH de noir, comment voulez-vous vous les procurer ? », s’interroge Fadila. Il est vrai que par les temps qui courent et pour des personnes qui gagnent honnêtement leur vie (salariés dans une entreprise), faire des économies de cette échelle relève de l’impossible. Restent ceux pour qui cela e pose aucun problème, l’argent liquide dans leur activité étant monnaie courante.
Mais le Maroc doit-il continuer à n’encourager que cette catégorie ? La question mérite d’être pensée sérieusement.

Plan pour les MRE : évolution des flux financiers et liens économiques avec le Maroc

Dans le rapport du plan VISION 2008 2012 pour les MRE (Marocain résidents à l’étranger), on trouve un gros chapitre sur les transfert d’argent et l’impact financier des MRE. En effet, plus de 10% de la population marocaine vit hors du Maroc !


Transferts : 9% du PIB

Une évolution toute aussi remarquable de la CMRE concerne sa contribution à l’économie nationale, davantage visible à travers les transferts de fonds. Ces derniers ont enregistré une évolution spectaculaire au cours des dix précédentes années.

Comme les footeux à l'étranger

Comme les footeux à l'étranger

Ils sont passés de l’ordre de 20 milliards de dhs en 1998 à plus de 57 Milliards de dhs en 2007 avec parfois des taux d’augmentation élevés, voire très élevés comme ce fut le cas en 2000 (+20,8%) et 2001 (+60,5%).
Pour l’année 2008 (fin octobre), les recettes M.R.E se sont stabilisées à 46 milliards de dhs contre 46 milliards de dhs, aussi, à fin octobre 2007.

En termes macroéconomiques, ces transferts représentaient, en 2005, 9% du PIB, 296% des investissements directs étrangers au Maroc, et 704% de l’aide publique au développement reçue par la Maroc, nonobstant leur impact sur la balance des paiements, les dépôts des banques, la cohésion sociale et la solidarité.


Ils constituent donc, de ce fait, un enjeu crucial pour la stabilité et le développement économique, social, humain et politique du pays tout entier.

L’impact des transferts des MRE sur l’équilibre des échanges commerciaux et avec l’extérieur prend une importance significative, car c’est grâce à ces transferts que la balance des paiements enregistre un solde net positif de 18,857 milliards de dhs qui se transformerait, sans les transferts des MRE, en un solde négatif de 36,269 milliards de dhs compte tenu du déficit de la balance commerciale de 138,83 milliards de dhs. A noter que les MRE ont accès au crédit immobilier au Maroc sans grand problème. Jusqu’au milieu de 2009 ils pouvaient emprunter plus de 100% même pour financer le black et les frais de notaire. Cette fin d’été il est plus difficile de trouver un prêt immobilier pour couvrir plus de 100 % (voir parfois pour couvrir 100%), car les banques savent qu’en ce moment les MRE sont plus menacés dans leur réalité économique et certains pourraient avoir des difficultés à rembourser leur credit.



Les transferts des M.R.E constituent aujourd’hui la première source de devises pour le pays et se placent devant les recettes de voyage.

L’analyse du comportement des transferts des MRE révèle un recours massif aux virements bancaires et dans une moindre mesure aux billets de banque et aux virements postaux.
Sur la période 2002-2007, 61% des transferts ont été réalisés par virements bancaires, 27% sous forme de billets de banque et 12% sous forme de virements postaux.

Ces derniers restent peu sollicités relativement au circuit bancaire. Leur part dans le total des transferts n’a cessé de régresser depuis le début de la décennie précédente en faveur du change direct des billets de banque.

Montant des mensualités de Crédit