Economie marocaine en 2009 : Mi-figue mi-raisin

Selon le FMI, la solidité du secteur financier ainsi que les programmes de développement sectoriel ont permis à l’économie marocaine de surmonter les effets de la crise internationale sans trop de séquelles. Plus, l’édition 2009 des «Perspectives économiques en Afrique», présentée par l’Agence française de développement et plusieurs experts de l’OCDE, a souligné que les exportations, les investissements directs étrangers (IDE), le tourisme et les transferts des Marocains résidant à l’étranger ne semblent pas être sérieusement affectés. Finalement, les effets exogènes positifs d’une récolte céréalière record ont également contribué à soutenir la croissance en 2009. Pour les experts du FMI, la croissance économique serait de 5% en 2009. De son côté, Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des finances, a souligné le renforcement de l’investissement porté à 35% en 2009 et la hausse de 25% de l’investissement public. C’est ce qui devra permettre au pays de réaliser un taux de croissance de 5,8% en 2009, comme l’annonce l’argentier du royaume. Or, si l’on écarte le secteur agricole, l’économie marocaine ne devrait progresser que de 2,5% en 2009, plusieurs secteurs ayant pâti du ralentissement mondial. Les principaux postes de recettes accusent des baisses en raison de la conjoncture mondiale actuelle. A commencer par le secteur de l’automobile. Frappés de plein fouet par la crise internationale, les constructeurs et équipementiers automobiles installés au Maroc ont revu à la baisse leurs prévisions de production et de ventes. Ensuite, viennent la confection et le textile qui souffrent aussi. Très dépendants de l’Europe, ces secteurs affichent un net recul en 2009.

Les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger ont enregistré un recul important en 2009. «Il y a davantage de chômage en France et les Marocains y ont moins d’argent à envoyer et à investir», a déclaré Zouhair Chorfi, directeur du Trésor. S’agissant de l’immobilier, Jawad Ziyat, directeur du groupe Addoha, déclare que «pour le secteur dans sa globalité, la croissance serait inferieure à celle enregistré en 2009». Pour le secteur touristique, Ali Ghannam, président de la FNIH, affirme qu’«en 2009, ce secteur a réalisé un plus en arrivées touristiques, de 8% pratiquement, au niveau du nombre des touristes et moins de 2% pour les nuitées. Au niveau des recettes touristiques il y a eu une baisse de 7,7% à fin novembre. Cela témoigne d’une seule chose, qu’il y a un impact de la conjoncture internationale».

Par ailleurs, Bank Al-Maghrib précise que le système financier marocain demeure robuste. La banque centrale marocaine ajoute que «le crédit bancaire, en dépit de la poursuite du ralentissement, demeure encore relativement dynamique avec une hausse de 10,7% en octobre au lieu de 14,9% au 3e trimestre». Dans cet environnement, les autorités marocaines veulent tout de même rester optimistes et avancent que l’économie va rebondir. Elles soutiennent que ce contexte mondial pose certes de nouveaux défis, mais présente également des opportunités. Selon l’institut d’émission, le contexte économique global donne des signes d’amélioration, influencé par la bonne performance des économies asiatiques et par des signes de relance dans certains autres pays. Toutefois, la reprise est lente et l’activité demeure à des niveaux inférieurs à ceux d’avant la crise.

Selon les experts du FMI, les perspectives économiques du Maroc devraient s’améliorer en 2010, mais demeurent cependant tributaires de certaines évolutions au niveau international.

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