Mais qu’est-ce qu’elle va faire de nous, la crise ?
Suite au commentaire de Phil, et surtout à toutes les discussions que je peux avoir avec des gens du Maroc ou de l’étranger, je ne peux m’empêcher de me demander si comme le disait Tryo dans ma jeunesse « Elle est plus forte que toi, la crise. »
Je vous propose un grand défouloir, les pour et les contre de la contagion de la crise au Maroc. Uniquement au Maroc, parce que je me doute que dans le reste du monde surtout au Nord du Maroc en espagne, par exemple, ou aux USA, on aura du mal à dire qu’elle n’est pas installée.
Le Maroc peut il resister à la crise ? La crise ne va-t-elle pas toucher le Maroc ? Peut-on le croire ?
De loin, la contagion d’un pays dans une économie globale parait incontournable. Et pourtant… Certains arguments très précis me font penser qu’on pourrait, non pas faire la plus grande année de croissance de tous les temps au maroc, mais s’en sortir pas mal du tout.
LES RAISONS DE CRAINDRE UNE CONTAGION DE LA CRISE AU MAROC
- les MRE (Marocains résidents à l’étranger), sont d’immenses pourvoyeurs de fonds pour le Maroc : ils envoient de l’argent, invetissent etc… hors ils sont eux même en difficulté dans leur pays et vont donc freiner leurs envois de fond. Donc moins d’argent au Maroc et moins de revenus résiduels de cet argent non investi.
- le Maroc exporte : des services et des biens. Hors tous les pays qui exportent se trouvent en difficulté
- le Maroc a beaucoup de filiales de groupes internationaux : ces groupes risquent de resserer les investissements à l’étranger en période trouble
- le Maroc vit beaucoup du tourisme, surtout de luxe. Hors on pense peut-être moins aux vacances quand on va perdre son job, donc moins d’argent qui rentre.
LES RAISONS DE CROIRE QUE LE MAROC EVITERA LA CRISE
- Le prix du pétrole a chûté. Hors le Maroc importe son énergie, et celle ci vient du pétrole. Les caisses de compensation épongeaient des montants astronomiques au moment du baril haut, et aujourd’hui toutes ces liquidités se trouvent libérées.
- Les matières premières alimentaires baissent, tout comme (peut-être à cause du pétrole) le pétrole, les denrées sponsorisées par l’état (lait, …) baissent. Donc moins de compensation et plus de liquidités libérées.
- Le pays à connu sa meilleure année de pluie de mémoire d’ancien. Hors le pays est très dépendant de l’eau. Les récoltes vont être excellente : plus de revenu interne, moins d’importation.
- dans le business : les entreprises Européennes regardent leurs coûts de très près, et ceux qui ne pensaient pas à l’Offshoring il y a peu envisagent maintenant d’un oeil décidé d’outsourcer leur fonctions supports. La crise est à ce niveau une opportunité de faire décoler les prestations de service pour l’Europe au Maroc.
- en terme de tourisme : le Maroc, même si destination assez luxe, n’est pas cher comparé à des destinations lointaines, il y a donc une carte à jouer même en temps de crise.
- les résidents à l’étranger en difficulté (et pour moi ce point est majeur) vont peut être enfin songer à retourner au pays où il y a le plein emploi pour de bons profils bien formés. Et le Maroc devrait en 2009 2010 bénéficier d’un mouvement de retour au pays de traders, ingénieurs,… balayés par la crise en Europe, mais très compétents et très bien formés et qui devraient insuffler une énergie et des compétences nouvelles dans toutes les strates de l’économie.
Voilà pour mes arguments pour et contre.
Si vous en voyez d’autre, si vous souhaitez réagir à, ou pondérez mes propos, lâchez-vous, ça m’intéresse, et ça vu de l’intérieur et de l’extérieur, par des marocains et des non marocains.
Peut-être qu’au fond le Maroc sera un peu touché, mais juste moins grâce aux points que j’ai cités ci dessus ?

avril 3rd, 2009 at 11:40
je te trouve un peu gentil sur les risque que ça parte en torche.
les matière première alimentaires ont pas monté peut etre , mais elles ont pas non plus baissé, et si on regarde le trend sur 3 ans on peut dire qu’elles ont sérieusement augmenté.
Pour ce qui est du pétrole, quand tu regardes les prix à la pompe tu te demandes ou est la chûte du pétrole.