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Banque au maroc : Entre l’insatisfaction des clients et la pression des objectifs de la banque : dans la peau d’un chef d’agence bancaire

Alimentation des dépôts, placements de produits, gestion des équipes, service à la clientèle… , il doit être multicasquettes.
La concurrence féroce entre les banques pousse à la fixation d’objectifs trop élevés, générant un stress énorme.
Prise de risque, dénigrements, plaintes à la hiérarchie, les gros clients leurs font voir de toutes les couleurs et l’intérêt commercial oblige à subir.

Agence de banque au Maroc

Agence de banque au Maroc



Chef d’agence bancaire ? La fonction a l’air prestigieuse pour tous ceux qui sont étrangers au métier, mais, en réalité, si elle procure un certain statut social et sociétal, côté jardin, c’est parfois l’enfer, souvent le découragement, des soucis au quotidien. Entre les responsabilités lourdes, y compris pénales, inhérentes à la gestion de valeurs, les objectifs commerciaux imposés par la hiérarchie en termes de production et de collecte de dépôts, la qualité d’accueil et de service dû à la clientèle, souvent très exigeante, et les tracas quotidiens de la gestion des équipes et les insultes parfois que l’on supporte pour sauvegarder une relation commerciale…, le chef d’agence vit un stress quasi permanent.
Ainsi, chez certaines banques, notamment les filiales de groupes étrangers, si l’agence n’est pas rentable, elle est tout simplement fermée. «Chaque agence est autonome. Elle dispose de sa propre comptabilité, ses propres objectifs et son propre RBE (NDLR, résultat brut d’exploitation). Si celui-ci est négatif pendant plusieurs exercices de suite, la direction générale peut très bien décider de sa fermeture et du redéploiement de l’effectif», confie un ex-chef d’agence.



L’agence doit être rentable et ramener de l’argent frais

Pour éviter la fermeture, le chef d’agence et ses collaborateurs (guichetiers et chargés de clientèle) doivent donc s’atteler à la réalisation des objectifs fixés par la direction. Ces derniers sont généralement fixés sur la base des résultats du dernier exercice. «En se basant sur les résultats réalisés cette année, la direction du réseau fixera une évolution qui peut atteindre les 15 voire 20% pour l’année prochaine», explique un autre responsable. «Or, poursuit-il, quand vous êtes dans une agence située dans un quartier résidentiel, par exemple, l’on sait très bien qu’une telle croissance est impossible à atteindre, alors on fait de notre mieux». Pourquoi fixer un objectif irréalisable au risque de décourager ceux qui ont la responsabilité de l’atteindre ?
Les chefs des quelque 3 600 agences bancaires du Royaume doivent ainsi réaliser quatre grands objectifs par année. A commencer par les dépôts qui constituent une source d’angoisse permanente. «A l’approche du 31 décembre de chaque année, plusieurs chefs d’agences, surtout celles des quartiers populaires, partent à la chasse aux dépôts», ironise le chef d’une agence à Casablanca. En fonction de son emplacement et de ses réalisations lors des exercices précédents, une agence peut avoir un objectif allant de 50 millions à 500 millions de DH. «J’ai rarement eu des problèmes relatifs à mon objectif dépôts jusqu’en 2008. Durant cette année, il me manquait près de 15 millions de DH sur mon objectif qui était de 300 millions DH de dépôts. Et c’est un grand client de l’agence qui m’a dépanné», raconte un autre qui ajoute que l’excès de pression est contre-productif. «Quelques jours plus tard, le client retirait son argent. A quoi cela sert-il alors, si c’est pour embellir les comptes à la fin de l’exercice». En fait, la phobie du 31 décembre devrait bientôt disparaître puisque les banques travaillent sur un logiciel qui calcule la moyenne des dépôts par année. «Déjà utilisé par certaines banques de la place, ce système basé sur la moyenne annuelle est bien meilleur pour la banque parce qu’il donne à la direction une idée sur les dépôts durant toute l’année. Les chefs d’agence ne pourront plus attendre la fin décembre pour renflouer les caisses de l’agence le temps d’une nuit», commente notre source.



Donner des crédits, placer des cartes, et ne pas négliger le recouvrement

Deuxième objectif : les chefs d’agence doivent également atteindre leurs objectifs en matière d’engagements (les crédits) et de produits placés comme les cartes bancaires, les packages, les produits de bancassurance ou encore d’épargne En effet, chaque chef d’agence doit s’assurer, en s’appuyant sur ses collaborateurs notamment, d’un minimum d’ouvertures de compte à partir desquels il va essayer de vendre un certain nombre de crédits et de produits. «Ce sont les chargés de clientèle qui doivent prospecter les futurs clients et les pousser à ouvrir un compte dans leurs agences. Une fois le compte ouvert, le chargé de clientèle doit essayer de vendre le maximum de produits à son client et devrait même lui proposer un crédit immobilier ou un crédit à la consommation», souligne l’ex-banquier.



Remettez l’argent au coursier, je régulariserai demain…

Mais il ne suffit pas seulement de donner des crédits car encore faut-il qu’ils soient bien remboursés. En d’autres termes, les chefs d’agence sont également tenus, troisième objectif, par la qualité du risque. Si les exploitants ont pendant longtemps échappé à l’objectif de réduction des créances en souffrance et de recouvrement, ce n’est plus le cas actuellement. «Comme elles vendent des crédits, les agences bancaires doivent aussi atteindre les objectifs en matière de réduction du taux de créances en souffrance. Il s’agit même d’un objectif très important», souligne un chef d’agence.
Mais l’objectif le plus important, et certainement aussi le plus difficile à mesurer, reste la qualité de la relation avec les clients ou, en d’autres termes, le niveau de satisfaction. «La gestion des clients de l’agence est l’une des tâches les plus difficiles et les plus ingrates pour un chef d’agence car quoi qu’il puisse faire, il est toujours considéré comme fautif par sa direction en cas de différend avec un client», déplore un chef d’agence qui cumule 20 ans de banque.
Tous les chefs d’agence sondés affirment que les clients les plus importants sont toujours les plus exigeants. «Le client important peut même avoir des doléances spéciales que nous n’accordons pas aux autres clients», tient à préciser une responsable d’agence à Rabat. Elle se souvient qu’un jour, à la veille d’une fête, un client, dont le compte courant affichait un crédit de 14 millions de DH, était venu retirer près de 100 000 DH au guichet, mais qu’il n’y avait pas assez de liquidités, «puisque toutes les agences bancaires ont un plafond de 200 000 ou 300 000 DH par jour et que nous étions presque en fin de journée, l’argent n’était pas disponible. Or, le client voulait son argent tout de suite !», explique la jeune femme. «Le client étant parmi les plus importants de l’agence et l’appel de fonds nécessitant un temps qui aurait renvoyé le client au lendemain, j’ai dû aller chercher l’argent manquant, soit près de 80 000 DH, chez un collègue d’une autre agence alors que je n’ai pas le droit de transférer des fonds sans faire appel à un convoyeur professionnel. J’ai donc pris le risque pour satisfaire mon client qui avec tout cela n’a pas apprécié l’attente que l’opération de transfert avait occasionnée», se souvient-elle. Retard dans le traitement d’un dossier de crédit, virement en retard causé par une autre banque, mais également erreurs imputables au système informatique…., les chefs d’agence doivent en fait supporter les sautes d’humeur du client même s’il sait que l’agence en question n’est pas directement responsable de ses désagréments. «Pour lui, nous représentons la banque, alors il se défoule sur nous».
Même quand il a tort, le client peut être injuste et s’en prendre au chef d’agence et parfois le court-circuiter pour aller se plaindre à ses supérieurs, auprès du directeur régional, d’un directeur central ou même du président. «Il s’ensuit une série de réprimandes de la hiérarchie qui au final retomberont sur ma tête. Pour eux, le client est roi, surtout quand il pèse lourd».
Quand le client pèse lourd, qu’il est un gros déposant, il vaut mieux le ménager quitte à prendre des risques qui exposent directement le chef d’agence sans couverture aucune par sa hiérarchie. Un chef d’agence raconte qu’un de ses clients lui a maintes fois demandé de remettre de l’argent à son coursier en attendant de passer régulariser l’opération le lendemain. «Avec une simple signature du coursier, non habilité légalement à faire le retrait, le chef d’agence court un énorme risque en cas de problème. Si vous refusez vous vous faites sermonner, et bien entendu quand vous demandez une confirmation par écrit à vos supérieurs personne ne vous la donne. Bien sûr, on sait que le client est sérieux, mais si son coursier se fait voler l’argent en chemin, c’est moi qui serais dans de beaux draps !». L’intérêt de la relation commerciale pousse souvent à commettre des folies…
Dans la plupart des banques, les clients mécontents disposent ainsi d’un canal de réclamation au niveau des directions régionales, notamment pour se plaindre du mauvais service en agence. Certaines obligent même le chef d’agence concerné par la réclamation d’adresser un rapport dans un délai de 48 heures pour donner sa version des faits. «Rapport ou pas, le client a toujours raison», affirment nos chefs d’agence.



Attitude :Quand les clients insultent et la hiérarchie se tait

Entre intérêt commercial et dignité, les chefs d’agence doivent souvent jouer à l’équilibriste. L’un d’entre eux raconte qu’au début des années 2000, un client mécontent de se voir réclamer la mise à jour du dossier de son entreprise avant déblocage d’un crédit l’avait insulté de tous les noms. «Je l’ai menacé de recourir à la police s’il ne quittait pas les locaux. Il est allé se plaindre plus haut et son crédit a été débloqué malgré les pièces manquantes. Il est alors revenu me narguer en me traitant de moins que rien. J’ai craqué et suis même partie me plaindre au commissariat. Quand j’en ai averti ma hiérarchie, on m’a gentiment calmée et on m’a conseillée de retirer ma plainte en me faisant bien comprendre l’impact sur l’image de la banque que cela aurait et les incidences sur ma carrière. Tout ce que j’ai obtenu c’est que le client change d’agence».
Un autre chef d’agence témoigne sur la difficulté d’obtenir un support franc de sa hiérarchie. Ulcéré d’attendre une attestation que le service juridique de la banque n’avait pas délivrée, le client a réagi violemment au téléphone : «Vous n’avez rien à faire à ce poste, vous êtes juste bon à faire les poubelles et encore!, vous n’avez pas les compétences pour cela». Il m’a raccroché au nez. J’étais dans tous mes états, j’ai rappelé pour lui dire ses quatre vérités, il ne répondait plus. Quand j’en ai parlé au directeur du pôle, savez-vous ce qu’il m’a dit ? Allons, vous savez bien que ce client est nerveux. Est ce que nous l’avons perdu ? Non. C’est le plus important !».



Rémunération :Un salaire moyen de 8 500 DH pour un débutant

Lorsqu’ils démarrent à ce poste, les chefs d’agence ont une rémunération moyenne qui varie de 7 500 à 8 500 DH net par mois. Cette rémunération n’inclut pas les commissions sur les ventes des produits de la bancassurance (généralement un pourcentage) ou sur les crédits logement (une somme forfaitaire par dossier). La promotion interne constitue la voie la plus rapide pour devenir chef d’une agence bancaire, «Ce sont généralement les chargés de clientèle qui, après avoir passé 2 ou 3 ans dans ce poste, postulent pour les nouvelles ouvertures», explique un ancien cadre de réseau. La rémunération est également fonction de l’ancienneté dans la banque, du diplôme et de la taille de l’agence, en ce qui concerne les avantages. Cela peut aller jusqu’à 20 000 DH.



source la vie eco

Projet avancé de réforme au Maroc pour une nouvelle indexation des taux de crédit variables sur des emprunts long terme plutôt que sur les Bons du Trésor

Cet article pourra avoir l’air un peu technique, mais il me parait fondamental de parler de cette nouvelle indexation, au Maroc des taux de crédits immobilier surtout pour le variable et des conséquences qu’elle aura à moyen terme et à long terme.



Le trésor marocain cherche à diversifier ses sources de financement et améliorer la gestion de sa dette à long terme.
Pour se faire il a recours a emprunts à maturité longue (10 à 20 ans).
Le retour de cette pratique amène à renchérir les BT sur les maturités longues : exemple 15 ans à 4,15% en hausse de 70 pts à février 2010.
Ce qui remet d’actualité l’indexation des taux variables immobilier moyen long terme.
La stratégie pour palier à ça et ne pas relever les taux de crédit immobilier variable serait d’utiliser le taux interbancaire comme référence au lieu des BT.
Le Taux Interbancaire est le taux pondéré au jour le jour du marché monétaire.
Exemple le TMPJJ au mois de janvier s’établissait à 3,5 % soit une baisse technique des taux de référence de 50 pts.
Dans ce schéma on pourrait s’attendre à une hausse des taux variables jsuqu’à l’arrivée de la nouvelle indexation ou ils rebaisseraient.


Cette nouvelle indexation ferait ce rapprocher le système marocain des standards internationaux.
Ainsi non seulement l’économie serait plus lisible, mais les taux serait plus favorables aux emprunteurs.
Dans la période intercalaire, le problème sera la manière de répercuté la hausse sur les crédits variables en cours : les banques pourraient par exemple proposer des conversion en taux fixes à leurs clients.

La difficulté du passage d’un modèle à l’autre sera aussi l’impact sur les marges des banques.
Sachant qu’avec la densification du marché les marges bancaires ont déjà réduit, les banques devront se préparer pour faire face à ce nouveau défi.

En tous les cas cette nouvelle indexation devrait être favorable au marché de l’immobilier.
C’est aussi une évolution structurelle du marché marocain devant laquelle on ne peut que se réjouir.


Pourquoi utiliser un courtier pour votre crédit (au Maroc!) ?

Les courtier en crédit sont ce que l’on appelle dans le milieu financier des IOB, c’est à dire des intermédiaires en opérations bancaires. Mais quel est l’intérêt de se servir des services d’un courtier en crédit pour financer eu mieux vos projets ? Pourquoi auriez vous plutôt intérêt de demander l’aide d’un courtier pour choisir votre crédit ?

Le courtier a des contacts et des partenariats qui lui donnent la possibilité d’obtenir des tarifs vraiment avantageux pour ses clients. Seul, vous ne pourrez jamais espérer pouvoir négocier des taux aussi avantageux que ceux proposés par ces experts du crédit.

Le courtier va vite et c’est normal c’est son métier. Il sait qui contacter pour obtenir les meilleurs taux du moment. Quand il vous faudrait des semaines pour vous renseigner sur les offres de organismes bancaires et le comparer, il ne faudrait qu’une demi-journée. Un vrai gain de temps pour avoir un crédit rapidement ! Son expérience et ses connaissances du milieu bancaire lui donnent toutes les cartes pour obtenir les meilleures conditions pour votre dossier de crédit. Les banques se sont engagés à donner une réponse rapide aux courtier pour traiter les dossiers de demande de prêt au plus vite et le courtier n’aura aucune crainte harceler les banques pour obtenir une réponse rapidement.

Les banques s’engagent également à répondre rapidement à un courtier, et un courtier n’hésitera pas à insister pour obtenir des réponses rapidement.

Le courtier défendra votre dossier, même si celui-ci n’est pas parfait il saura trouver les arguments pour convaincre les banques. Vous aurez beaucoup plus de mal à soutenir votre dossier, surtout si vous manquez de confiance en vous !

Le courtier est indépendant, son objectif sera donc tourné vers le client et non de servir les intérêts des banques. Son avis neutre et objectif pourra être rassurant pour un emprunteur qui n’a pas confiance dans les paroles des banquiers.

Les courtiers en ligne sont très accessibles et c’est extrêmement simple de les solliciter. Il proposent souvent de nombreux services en ligne gratuits pour vous accompagner dans vos démarches.

En ce qui concerne les services annexes comme les assurances, c’est lui aussi qui vous dénichera les meilleurs plan. Que demander de plus ?

Mais attentions tous les courtiers ne se valent pas. Notre avis est de se fier aux retours des internautes et les meilleurs courtiers sont sans nul doute : Empruntis, Meilleur taux, ACE, Cafpi,…
(source : avis crédit )


Et au Maroc ?
Le seul « vrais » courtier crédible et multi-banque implanté est CAFPI Maroc, avec des agences à Casablanca et Marrakech et des courtiers dispo sur l’ensemble du territoire ( www.cafpi.ma ).


Pourquoi les prix de l’immobilier ne baissent pas à Casablanca et Rabat

Ils peuvent dépasser les 20 000 DH par m2 dans certains quartiers. En cause : la forte demande sur le moyen et haut standing et l’absence de foncier.
A Marrakech et Tanger, une décrue de 20% sur le segment du haut standing en raison d’une suroffre.
Les enquêtes menées par le CIH révèlent la vérité sur les prix.


On n’a pas encore fini de parler de l’immobilier ! Compte tenu de la crise qui a affecté le secteur, beaucoup s’attendaient à une baisse des prix des logements neufs alors que les grands promoteurs immobiliers soutenaient mordicus que la décrue n’aura pas lieu.
De fait, les promoteurs auront eu raison jusqu’à un certain point. Si les prix du mètre carré ont baissé dans certaines villes comme Marrakech et Tanger, ils n’ont presque pas bougé dans d’autres à l’instar de Casablanca et Rabat. C’est ce que révèlent les derniers chiffres des enquêtes périodiques menées par le Crédit immobilier et hôtelier (CIH). Des enquêtes suffisamment pointues puisqu’elles se basent à la fois sur les informations recueillies par les collaborateurs sur le terrain recoupées avec celles qui figurent dans les contrats de prêt que la banque accorde. Un baromètre qui sert à la fois de système d’alerte et de veille pour l’établissement de crédit mais également d’intrant pour sa stratégie de pénétration du marché.
La dernière enquête en date a été réalisée en décembre 2009. Les résultats ont bel et bien confirmé la méforme de l’immobilier dans la ville rouge. «Les transactions immobilières ont baissé de 60% pour le haut standing, de 30% pour le moyen et de 20% pour l’économique», souligne-t-on auprès du CIH. Les prix du mètre carré ont en revanche stagné pour les deux derniers segments, alors qu’ils ont accusé une baisse de 30% pour le premier. A titre d’exemple, des quartiers hupées comme Guéliz et l’Hivernage ont vu la moyenne de leurs prix tomber de 20 000 DH à 15 000 DH le mètre carré.
Cette tendance est confirmée par Chakib Bennani, président de la commission fiscale de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), qui explique cette chute des prix du haut standing par la surproduction de logements dans cette ville. «A Marrakech, et contrairement à Casablanca ou Rabat, l’offre est plus importante que la demande. C’est essentiellement ce déséquilibre qui tire les prix vers le bas» , ajoute M.Bennani. De fait, Marrakech paie le prix de son attrait. Contrairement à d’autres villes, elle dépend aujourd’hui grandement d’une demande exogène, que celle-ci provienne de nationaux en quête d’une résidence secondaire ou d’une clientèle étrangère qui se cherche un pied-à-terre tendance. Entre 2005 et 2008, nombre de projets immobiliers ont vu le jour générant une surcapacité, aggravée par la crise internationale.


Les Casablancais et les Rbatis, moins chanceux

La ville de Tanger connaît également un tassement des ventes et une correction atteignant 20% sur les prix du standing supérieur, mais sa situation est moins grave, en relation avec un attrait moins prononcé. «Contrairement à Marrakech où la suroffre en matière de haut standing explique en grande partie la chute des prix, à Tanger, ce segment n’est pas aussi important», explique-t-on auprès du CIH. Et si le haut standing a connu une baisse atteignant les 20% pour s’établir à une moyenne de 20000 DH/m2 dans certains quartiers tel que le boulevard Mohammed V (front mer), le moyen standing résiste, quant à lui, à la tendance baissière qui frappe le premier segment notamment à cause d’une demande soutenue sur ce segment. «Sur le boulevard Mohammed V par exemple, le moyen standing reste à une moyenne de 14 000 DH/m2. Cette moyenne descend à 11 600 DH dans d’autres quartiers», explique un agent immobilier de la ville du détroit.
A Casablanca ou Rabat, les futurs acquéreurs sont beaucoup moins chanceux, puisque tous les professionnels de l’immobilier interrogés s’accordent à dire que les prix ont généralement stagné dans ces deux villes. Pourquoi ? «Parce que la métropole souffre d’une rareté de l’offre sur plusieurs segments et cette donne maintient les prix du mètre carré à leurs niveaux initiaux», explique Said Sekkat, secrétaire général de la FNPI. Même chose pour Rabat qui, même avec un manque moins aggravé, connaît une demande soutenue.


Les prix d’aujourd’hui deviendront-ils le plancher de demain ?

Il faut toutefois faire la part des choses. Les bonnes affaires existent, mais exigent de la patience. La stagnation du moyen et du haut standing à Casablanca n’exclut pas quelques petites baisses dans certains projets immobiliers de la métropole. «Lorsqu’on dit qu’il n’y a pas de baisse des prix, cela reste une tendance générale. Il existe quelques promoteurs qui, pour une raison ou une autre, sont contraints de réviser le prix de certains programmes», explique-t-on auprès du CIH. En fait, la baisse ne concerne que peu de projets. Conséquence, l’effet concurrentiel ne joue pas suffisamment pour créer une dynamique de masse à même de tirer le marché vers le bas. Pour Saïd Sekkat, «même si les prix du mètre carré ont subi une petite correction dans certains quartiers, il ne s’agit là que d’une évolution conjoncturelle liée à la situation de certains promoteurs immobiliers». Selon le secrétaire général de la FNPI, plusieurs professionnels souffrent d’un manque de liquidités en raison de l’allongement de leur cycle de commercialisation alors qu’ils se sont lourdement endettés. «C’est pour cette raison que certains promoteurs se trouvent obligés de baisser leurs tarifs afin de se débarrasser de leurs stocks et payer leurs échéances», ajoute-t-il. Il s’agit-là d’exceptions. Si l’on prend en compte par exemple les immeubles de moyen et haut standing construit à Casablanca et Rabat, les opérateurs font remarquer certes que le temps moyen de vente est plus long, mais pour autant la demande existe et aux mêmes prix qu’auparavant. Scénario similaire dans le haut standing, où, par exemple, les villas et appartements proposés à la vente par des grands groupes immobiliers trouvent preneur sans difficultés.
D’après les données recueillies auprès du CIH et recoupées auprès des agents et promoteurs immobiliers, à Casablanca, les logements haut standing du Triangle d’or et de Gautier continuent d’afficher une moyenne de 22 000 DH/m2 avec un minimum de 19 000 DH et un maximum de 23 500 DH/m2. «Les quartiers de Bourgogne, de 2 Mars et de Val Fleuri sont, quant à eux, à des niveaux plus bas avec une moyenne de 16 000 DH/m2 et un minimum de 14 000 DH», selon le CIH. Il est toutefois possible de trouver des logements entre 11 000 et 13 000 DH le m2 dans les quartiers la Gironde et Belvédère. A Casablanca, les prix du moyen standing connaissent pratiquement la même stagnation que le haut standing. «Les deux segments souffrent du manque de foncier et d’une demande très forte», souligne-t-on auprès du CIH. Selon les données de la banque, la moyenne de ce segment s’est maintenue à 17 000 DH/m2 dans les quartiers Gautier et Racine et à 13 500 DH/m2 à Moulay Youssef et au boulevard d’Anfa. «En attendant une réglementation précise sur les différents standings, ceux-ci dépendent beaucoup des quartiers actuellement. A Bourgonne ou à 2 Mars par exemple, il est difficile de trouver du moyen standing à moins de
12 000 DH/m2, alors que ce segment peu coûter moins de 10 000 DH/m2 dans d’autres quartiers comme Oulfa et Roches Noires», indique la même source.
A Rabat, «l’existence d’une forte demande et la rareté du foncier exercent une pression sur les prix qui se maintiennent depuis plusieurs mois», souligne M.Bennani. D’ailleurs, les quartiers de l’Agdal et de Hay Riad affichent une moyenne de 19 800 DH/m2 pour le haut standing alors qu’à Hassan et au centre ville le mètre carré descend à 14 500 DH. Idem pour le moyen standing dont les prix continuent d’afficher une moyenne de 14 000 DH/m2 dans les quartiers chic (le prix de ce segment peut arriver jusqu’à 16 500 DH à Hay Riad) contre 11 500 DH au centre-ville et à l’Océan.
Baisse des prix ou pas, les agents immobiliers annoncent un frémissement de la demande dans ces deux villes. «Le marché était stable depuis le début 2010, mais nous ressentons un retour timide d’une clientèle exprimant une demande concrète», constate William Simoncelli, Dg de Carré immobilier. Un retour qui devrait exercer davantage de pression sur les prix. Il reste à espérer que les plans d’aménagement attendus, notamment pour Casablanca, soient publiés suffisamment tôt pour voir émerger de nouvelles zones constructibles ou transformer des quartiers de villas en zones immeubles. Mais il semble bien qu’avec un déficit de logements supérieur à un million (dont 60% pour le social), la demande sera encore forte pendant suffisamment longtemps pour que les prix actuels constituent un plancher en la matière.


FOCUS :D ans l’attente du baromètre de l’Immobilier de Bank Al Maghrib…

Pour le moment, il n’existe encore aucun indicateur officiel des prix de l’immobilier. Bank Al Maghrib et l’Agence de la conservation foncière ont bien signé une convention dans ce sens, mais le fameux baromètre de l’immobilier qui a été annoncé pour janvier dernier n’a toujours pas vu le jour. Ce nouvel indice sera confectionné sur la base de plusieurs critères comme la typologie d’habitat (logement social, logement économique, moyen standing, haut standing), la nature de l’usage (professionnel, commercial, industriel…), l’ancienneté des constructions, la surface, la situation géographique, le prix du foncier et, dans une prochaine étape, l’évolution des prix par quartier et par niveau de standing. Ces informations seront collectées auprès des organismes appropriés tels que la direction de la promotion immobilière, la direction générale des impôts, le haut commissariat au plan et la direction des collectivités locales.


source : la vie eco

Montant des mensualités de Crédit