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Le système bancaire marocain est solide, fiable et déjà très concentré

Les banques françaises n’ont pas souffert excessivement de la crise financière mondiale. Elles ont remboursé les prêts accordés par l’Etat
Après la crise de croissance, le problème de la dette publique. Une action coordonnée des Etats est nécessaire pour s’en sortir sans dégâts.
Pour le Maroc, malgré une décélération, le potentiel de croissance du crédit reste important.

Figure mondialement connue du monde de la Finance, dirigeant de banques depuis 27 ans, artisan de la privatisation du Crédit Commercial de France en 1987 et de la fusion entre BNP et Paribas, en 1993, président de la commission en charge de l’étude sur la dette de la France, en 2005, Michel Pébereau, diplômé de Polytechnique et de l’ENA et qui préside le conseil d’administration de BNP Paribas depuis 2004, était de passage au Maroc le 22 janvier dernier à l’occasion du lancement de la banque privée de la BMCI, filiale du groupe. Il nous livre ses impressions sur le système bancaire mondial et les répercussions de la crise internationale.


L’année 2009 a été marquée par le redressement des agrégats de plusieurs banques mondiales qui avaient souffert de la crise. Comment BNP Paribas a-t-elle terminé cet exercice ?
BNP Paribas publiera ses résultats annuels le 17 février. Il faudra donc patienter jusqu’à cette date pour les connaître. Le groupe a résisté, trimestre après trimestre, mieux que la plupart de ses concurrents. Il est resté à l’écart des produits toxiques. Il a une gestion des risques rigoureuse. Le modèle de BNP Paribas, qui repose sur un équilibre stable des métiers associé à une gestion des risques professionnelle et prudente, a bien joué son rôle d’amortisseur depuis le début de la crise.
En 2009, nous avons fait une grande opération de croissance externe, avec l’acquisition de Fortis. C’est la seule opération transfrontière de cette envergure qui ait été réalisée en Europe pendant cette crise. BNP Paribas est désormais la première banque de la zone euro par le niveau des dépôts, avec quatre marchés domestiques en Europe : la Belgique, la France, l’Italie et le Luxembourg.

Quelques chiffres… ?
Sur les 9 premiers mois de l’année, nous avons réalisé un bénéfice net de 4,5 milliards d’euros, à peu près comme sur la même période de 2007. Il faut rappeler qu’au plus fort de la crise financière, en 2008, nous avons gagné de l’argent : 3 milliards d’euros.


Qu’est-ce qui a alimenté la croissance du secteur bancaire en 2009 ?
Les activités de banque de financement et d’investissement ont recommencé à générer des bénéfices de façon normale, alors qu’en 2008 elles avaient été en perte. Les activités de banque de détail ont en revanche été affectées par les effets de la crise économique. Le coût du risque est plus élevé. Mais globalement la banque de détail reste largement profitable.

Un coût du risque qui augmente finalement de combien ?
Pour le groupe, le coût du risque a doublé sur les 9 premiers mois de 2009 par rapport à la même période 2008, pour atteindre 6,5 milliards d’euros, ce qui représente un taux annualisé de 1,4% des encours pondérés Bâle I, contre 0,8% sur la même période de l’année 2008. Cette hausse est le résultat d’une dégradation dans l’ensemble de nos métiers. Le coût du risque annualisé dépasse 3% des encours pondérés pour nos activités de banque de détail aux Etats-Unis et dans certains pays émergents comme l’Ukraine, ainsi que pour nos activités de crédits spécialisés aux particuliers. Il est plus modéré, autour de 1%, pour nos activités de banque de financement et d’investissement. Il est inférieur à 1% pour nos marchés domestiques.

Après la crise du crédit et les plans de relance massifs, ne doit-on pas craindre une crise de dette publique ?
La crise de confiance provoquée, au niveau mondial, par la faillite de Lehman Brothers, n’a pas de précédent. Elle a failli provoquer une crise systémique du monde financier et une récession très profonde de l’économie. L’intervention des Etats et des banques centrales était indispensable pour éviter des enchaînements catastrophiques. Elle a eu lieu, de façon coordonnée, au niveau européen et au niveau international.
On ne peut donc que s’en féliciter. C’est vrai que l’ampleur des déficits publics qui en résulte pose, dans plusieurs pays, de très sérieux problèmes de dette publique. Il faudra que chacun s’attaque à ces problèmes, avec ses moyens et son calendrier, dès que les perspectives de croissance seront assurées.

Il y a un dilemme entre la nécessité de continuer à relancer l’économie et le risque de tomber dans le surendettement. Beaucoup de pays craignent de stopper leurs plans de relance trop tôt…
Il était indispensable que les banques centrales assurent la liquidité du système financier. Et il est incontestable que les Etats ont eu raison d’augmenter les déficits publics pour freiner la récession, tant la crise de confiance était importante et générale. Nous étions dans une situation où les ménages freinaient leur consommation, et les entreprises leurs embauches, les uns et les autres gelant leurs investissements. Grâce à cet effort considérable des Etats, la chute de la production a été interrompue dans la plupart des pays de l’OCDE au 3e trimestre 2009 sauf au Royaume-Uni et en Espagne. Mais cela a conduit dans plusieurs pays à des niveaux préoccupants de déficits et d’endettement public, et à une création monétaire considérable. A quel moment faudra-t-il commencer la remise en ordre ? J’ai le sentiment que, là aussi, il faudra une coordination entre Etats et banques centrales, d’une part, et entre Etats eux-mêmes, d’autre part, pour que l’on agisse, pour chaque pays, au bon moment.

Et tout cela prendrait combien de temps ?
Il va falloir engager des politiques rigoureuses de gestion monétaire et budgétaire avant la fin de l’année. La remise en ordre prendra certainement plusieurs années, sous peine de freiner la croissance.


Ne craignez-vous pas d’autres surprises liées aux subprimes ?
BNP Paribas n’a jamais fait de crédits subprimes. Pourtant nous avons une importante activité de banque de détail aux Etats-Unis, sur la côte ouest avec Bank of the West, dont le siège est en Californie, l’un des Etats américains les plus affectés par cette crise. Notre exposition au risque «subprime» est restée très marginale.

Vous avez bien perdu des sous au titre de l’affaire Madoff…
Nous avons effectivement perdu de l’argent du fait de la faillite des fonds Madoff. Toutefois, BNP Paribas n’a fait aucun investissement pour compte propre dans les hedge funds dont les actifs étaient gérés par Bernard Madoff Investment Securities. Les pertes proviennent de nos activités de marchés et de prêts collatéralisés à certains fonds qui ont investi dans les hedge funds en question. Nous avions donné ces indications au marché dès que l’affaire Madoff a été connue.
Nos métiers de gestion et de conseil en épargne n’ont pas prescrit de ces fonds Madoff ou de fonds contenant du Madoff à leurs clients.

Quels enseignements avez-vous tirés de la crise ? Avez-vous opéré des changements dans vos orientations stratégiques ?
Nous considérons que rien ne sera jamais comme avant la crise. Les banques françaises ne sont pas responsables de cette crise. La France est d’ailleurs, avec l’Italie et le Canada, l’un des rares grands pays industrialisés dont le système bancaire a traversé la crise sans que l’une de ses grandes banques soit en perte, mais nous reconnaissons bien sûr que nous avons, avec tous nos confrères, une responsabilité collective dans la crise qu’ont provoquée les dérives de certains.
Pour ce qui concerne BNP Paribas en particulier, nous n’avons pas changé nos orientations stratégiques : notre modèle a montré sa résistance durant la crise, puisque nous sommes restés bénéficiaires chaque année, y compris en 2008. Notre banque de financement et d’investissement a même dégagé un résultat cumulé depuis le 1er juillet 2007, point de départ de la crise, toujours bénéficiaire pendant cette période. Cependant, nous avons réduit ou recentré un certain nombre d’activités dans notre pôle de banque de financement et d’investissement.

Plusieurs banques et grandes sociétés se sont retirées des marchés étrangers pour faire face à la crise. Qu’en est-il de vos participations stratégiques à l’international ?
Plusieurs banques, qui ont bénéficié d’aides massives et spécifiques de l’Etat, sont ou seront en effet contraintes de fermer ou de vendre certaines de leurs activités hors de leur marché domestique. C’est tout à fait souhaitable pour que la concurrence entre établissements s’exerce de façon équitable. Je voudrais ouvrir, ici, une parenthèse, pour préciser que les concours que l’Etat a faits aux banques françaises sont aujourd’hui presque intégralement remboursés et ils ont même rapporté aux contribuables deux milliards d’euros, in fine.
Pour en revenir aux participations à l’international, notre situation est très différente. Nous avons réussi à réaliser une opération de croissance externe d’envergure durant cette crise. L’acquisition de Fortis nous apporte notamment deux nouveaux marchés domestiques en Europe : la Belgique et le Luxembourg. Dans la banque de détail, nous avons des positions stratégiques dans le Bassin méditerranéen, avec une forte présence en Turquie. Nous sommes également présents en Ukraine. Et avec Fortis, nous avons désormais une base solide en Pologne. Nous adaptons notre dispositif à la crise, mais nous n’avons pas l’intention de nous retirer.

Si bien que votre processus de croissance externe n’est pas remis en cause…
BNP Paribas est une très grande entreprise avec 200 000 personnes dans plus de 80 pays, avec trois grands domaines d’activité. Nos revenus se répartissent dans des proportions à peu près stables depuis la création de BNP Paribas : plus de 50% pour la banque de détail, un peu moins d’un tiers pour la banque de financement et d’investissement et un sixième pour la gestion d’actifs. Notre projet c’est de continuer à développer nos activités par croissance interne, sans exclure quelques croissances externes opportunistes. Mais nous n’avons pas l’intention de faire à nouveau un grand saut comme celui de Fortis dans un proche avenir.


Peut-on dire que les pays émergents dans lesquels vous êtes présents se sont bien tirés de la crise ? Quid du Maroc ?
Concernant le Maroc et de manière générale pour plusieurs pays émergents dont les économies sont très liées aux économies européenne et américaine, on peut dire que les effets de la crise internationale se sont fait sentir un peu plus tard que dans les pays développés et qu’ils perdurent encore aujourd’hui. Cette crise a aussi impacté l’économie marocaine. Cependant, ses effets négatifs ont été certainement amoindris par la bonne année agricole qu’a connue le Maroc en 2009, et qui a été favorable à la croissance. Celle-ci a été maintenue à un niveau remarquable, plus de 5%, grâce également aux mesures prises par l’Etat pour soutenir les investissements, l’emploi et la demande intérieure. Le Maroc a des finances publiques saines.

Que pensez-vous du secteur bancaire marocain ?
C’est un des plus avancés et structurés de la région. C’est un bon système, solide et fiable, peu exposé aux risques internationaux, et déjà très concentré autour de sept à huit opérateurs qui font le marché. Il s’est beaucoup développé et modernisé ces dernières années grâce notamment à la politique menée par la banque centrale et son gouverneur, M. Jouahri. Les mesures de régulation qui ont été prises, notamment l’instauration de ratios prudentiels forts montrent bien leur rôle efficace en termes de supervision et de contrôle du marché. Un des axes majeurs d’amélioration serait, à mon sens, le développement de l’épargne à long terme, à l’instar des autres grands pays.

Pas de place pour de nouveaux entrants sur le marché !
Il y a toujours de la place pour des banques dans un pays déterminé à condition qu’elles se spécialisent bien, lorsqu’elles sont de petite taille. Il y a des niches dans lesquelles de petits établissements, gérés avec professionnalisme et prudence, peuvent trouver leur marché.

A quelle hauteur contribue la BMCI dans les résultats de BNP Paribas ?
Dans la zone «Europe-Méditerranée», la BMCI occupe une place de choix. Elle a été l’un des deux premiers contributeurs en termes de résultats en 2008 et 2009.
Le groupe BNP Paribas est actionnaire à plus de 66% de la BMCI, et nous comptons continuer et confirmer à l’avenir notre soutien à cette filiale importante. Preuve de notre engagement, la récente augmentation du capital de la BMCI l’année dernière et la conversion intégrale de nos dividendes en actions.

On assiste actuellement à une décélération du rythme de croissance du crédit au Maroc. Quel est, selon vous, le potentiel encore existant ?
En 2007 et 2008, années exceptionnelles, une grande partie des nouveaux engagements concernait l’immobilier. Il est donc normal que la décélération du marché immobilier, plus fortement affecté par la crise, ait influé directement sur le rythme de croissance des crédits.
Mais l’accroissement des encours totaux de crédits se situe autour de 10% pour 2009, ce qui représente un taux élevé, inconnu en Europe depuis longtemps. Le potentiel reste important, compte tenu du déficit en logements, de la proximité stratégique du Maroc avec l’Europe qui crée des opportunités d’investissements industriels, et des efforts déployés par l’Etat en termes d’infrastructures et grands projets.

Quel regard porte le président de BNP Paribas sur le Maroc en tant que pays ?
Le Maroc est un pays essentiel dans notre stratégie méditerranéenne. La BMCI est au demeurant la seule filiale du Groupe BNP Paribas dont je suis membre du Conseil de surveillance.
Nous avons une grande confiance dans ce pays qui récolte les fruits d’une politique économique avisée, dirigée avec un remarquable professionnalisme. Mais, surtout, ce que je voudrais souligner, c’est que le Maroc tire sa force tout à la fois de l’esprit entrepreneurial qui anime ses hommes et ses femmes, de la stabilité et de la qualité de ses institutions et aussi de sa cohésion sociale avec un fort consensus et une vision partagée de l’ensemble des Marocains sur leur avenir. Peu de pays rassemblent autant d’atouts.

Bancarisation au Maroc : au delà de 60% d’ici 2013 ?

Le taux de bancarisation du Maroc devrait dépasser la barre des 60% à l’horizon 2013, contre 40% en 2007.
L’impact de la croissance de ce taux sur la croissance annuelle du PNB est estimé à près de 1%.


Le nombre d’agences bancaires dans le royaume passerait ainsi de 4.474 en 2007 à 7.400 en 2013.

Attijariwafa Bank (AWB) prévoit 1 200 agences en 2012, le groupe Banques Populaires (BCP) souhaite atteindre un réseau de 1 000 agences à l’horizon 2010. Pour sa part, la Société Générale Marocaine de Banque (SGMB) s’est fixée comme objectif d’atteindre 400 agences en 2010.


En termes de crédits immobilier on ne peut que se réjouir : plus de banques = plus d’interlocuteurs, plus d’agences partout, donc à terme plus de concurrence et plus de services !

Montée inquiétante des impayés dans le secteur du crédit au Maroc

Depuis le début de la crise, en septembre 2008, la préservation des emplois et l’accompagnement des entreprises étaient les deux principales préoccupations des pouvoirs publics. Mais la rétraction de l’activité a également des retombées sur le secteur du crédit. Car un salarié qui perd son emploi ou une entreprise qui ferme c’est aussi un client qui n’est plus en mesure d’honorer ses crédits. Au Maroc, certes, on n’en est pas encore au scénario catastrophe qui s’est produit aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Espagne. Mais une chose est sûre : chez les banques et sociétés de financement, l’évolution des créances en souffrance, les impayés en d’autres termes, montrent des signes d’inquiétude avec un volume d’encours et des provisions qui ont beaucoup augmenté durant le premier semestre 2009. Les statistiques mensuelles les plus récentes du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), arrêtées jusqu’à fin août, ne donnant pas d’indications précises, c’est plutôt du côté des résultats semestriels des banques qu’il a fallu se tourner pour avoir une idée des créances provisionnées pour défaut de paiement.

Les banques du maroc et le credit

Les banques du maroc et le credit



Le CIH et la BP épargnés en raison d’importantes reprises

Les chiffres semestriels montrent une nette augmentation des dotations nettes de reprise aux provisions pour créances en souffrance. Pour les banques, celles-ci ont quasiment doublé en un an pour atteindre 1,5 milliard de DH, absorbant ainsi 17% du résultat brut exploitation (RBE) contre seulement 9,5%, à fin juin 2008. Pour les sociétés de financement, ces dotations nettes de reprises aux provisions sont passées de 105 MDH à fin juin 2008 à 284 millions, au terme du premier semestre de 2009, soit une croissance de 170%. Signalons à cet effet que si les banques et les sociétés de financement affichent un taux de créances en souffrance en baisse à fin juin dernier, c’est, en grande partie, en raison de la hausse des crédits octroyés durant cette période. «Le taux de créances en souffrance représente la partie des créances pré-douteuses, douteuses et compromises dans le total des crédits distribués. Autrement dit, tant que les nouveaux crédits augmentent le total des créances, ce taux n’augmentera pas de manière très significative jusqu’à ce que les impayés des nouveaux crédits commencent à tomber», explique un banquier de la place.
Quoi qu’il en soit et en dehors du taux de créances en souffrance, les dotations nettes de reprise des provisions (DNRP) qui constituent ce que l’on appelle le coût du risque pour les établissements financiers ont quand même augmenté d’une manière alarmante cette année.
Pour Attijariwafa bank, ces dotations ont augmenté de 120% par rapport à fin juin 2008, à 476,7 MDH. A la BMCE Bank, elles ont atteint 272 MDH contre 94 millions, soit une hausse de 189%. La Société générale, le Crédit du Maroc et la BMCI ne sont pas en reste, puisque les provisions sont respectivement passées de 66,5 à 334,3 millions de DH, de 3 à 80 millions et de 34 à 52 millions.


Les sociétés de financement estiment que le pire est passé

Néanmoins, la hausse du coût du risque semble avoir épargné quelques banques telles que la Banque populaire et le CIH. La première affiche un solde en baisse de 75% à 56,7 MDH alors que le deuxième, lui, affiche même un solde négatif, les reprises sur provisions ayant dépassé le montant des dotations. «Pour le CIH et la Banque populaire, les efforts consentis depuis quelques années pour l’épuration des créances litigieuses ont permis d’échapper à la règle du marché, mais ce ne sera pas pour longtemps car elles seront tôt ou tard rattrapées par la tendance générale», estime un analyste financier. Selon lui, la hausse des créances en souffrance est essentiellement due à l’impact de la crise économique internationale sur certains secteurs de l’économie nationale comme le tourisme, le textile et l’industrie automobile. Pour illustrer ses propos, cet analyste cite l’exemple du groupe de textile Legler Maroc qui vient d’être mis en redressement judiciaire et qui doit un plus de 700 MDH aux banques locales (lire La Vie éco du 23 octobre 2009).
Sur le plan des impayés, les sociétés de financement ne sont pas mieux loties. Par exemple, Salafin voit ses provisions pour créances en souffrance, nette de reprises, passer de 3,5 MDH à fin juin 2008 à 22,5 millions au premier semestre 2009. Sofac, Eqdom et Taslif affichent respectivement des hausses nettes de 14,2, 6,7 et 1,8 MDH. Tout en confirmant cette tendance haussière, l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) tient à préciser que les dotations aux provisions doivent être analysées par rapport à l’encours brut du crédit. «Il est vrai que les impayés ont augmenté ce dernier semestre, mais l’encours des crédits a également évolué», relativise Aziz Cherkaoui, président de la commission des crédits à la consommation au sein de l’APSF et Dga de Salafin. Selon lui, la hausse des impayés a commencé dès février dernier. «Nous avons remarqué une augmentation du coût du risque depuis février dernier. Cette tendance s’expliquait au départ par la crise que connaissent certains secteurs très liés aux marchés internationaux. Mais actuellement, et en raison de l’effet de contamination, les impayés touchent même les secteurs dits domestiques» , souligne-t-on auprès de l’APSF. Pour autant, «nous pensons, poursuit M. Cherkaoui, que les deux derniers mois ont marqué la fin de la période critique en matière d’impayés et nous nous attendons à une amélioration du portefeuille dès novembre ou décembre prochains pour une reprise en 2010». Un optimisme que ne partagent pas les analystes financiers qui estiment que le manque de visibilité sur les marchés internationaux maintiendra la tendance haussière des créances en souffrance jusqu’en 2010.


Recouvrement :P rivilégier le rééchelonnement d’abord

Pour faire face aux impayés qui augmentent, les banques et les sociétés de financement ont musclé leurs moyens de recouvrement. «Les établissements s’organisent pour réagir plus rapidement au niveau du recouvrement des créances notamment en renforçant leurs équipes de recouvrement et en multipliant les relances des clients» , souligne-t-on auprès de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF). Concrètement, les équipes de recouvrement commencent par proposer à leurs clients un rééchelonnement du crédit pour les aider à dépasser cette situation. «En matière d’impayés, il y a deux sortes de clients : ceux qui n’ont pas de quoi payer l’échéance et qui se voient appliquer la première procédure et ceux qui payent les créanciers les plus exigeants et essayent de négocier avec les autres. Pour cette seconde catégorie, nous essayons d’être très exigeants en mettant la pression avec des relances régulières», précise Aziz Cherkaoui, DGA de Salafin.


source aujourd’hui lemaroc

Evolution des liquidités des banques et des encours de crédit immobilier au Maroc

Le manque de liquidité qui caractérise depuis plus de deux ans le secteur bancaire marocain a fait croire à nombre d’observateurs que les conditions de financement allaient immanquablement devenir plus serrées, avec par exemple des taux d’intérêt plus élevés, des durées de remboursement moins longues ou des examens de dossiers plus fermes. Qu’en est-il réellement sur le terrain ? Un tour chez les établissements bancaires de la place permet rapidement de réaliser que les conditions d’octroi du crédit sont toujours aussi favorables qu’auparavant et ce, aussi bien pour le prêt au logement que pour le crédit à la consommation.
Certes, les offres excessives du financement à hauteur de 125% du prix ou à des taux d’intérêt inférieurs au minimum légal ne sont plus d’actualité, à la fois à cause du contexte du marché et des restrictions de Bank Al-Maghrib. Mais les banques de la place continuent d’accorder à leurs clients le meilleur de ce qu’ils peuvent avoir comme conditions et ce, dans tous les aspects du crédit. «Contrairement à ce que pensent les clients, les directives données aux réseaux n’ont pas été de serrer la vis à cause du manque de liquidités mais, au contraire, de poursuivre le même rythme de financement des particuliers et des entreprises tout en redoublant d’efforts pour collecter plus de dépôts», explique un directeur d’agence bancaire.
Commençons d’abord par les prêts immobiliers. Presque tous les banquiers l’attestent, l’euphorie qu’a connue, ce segment du crédit en 2006 et 2007 n’est plus. Un renversement de tendance a en effet eu lieu en 2008, avec une croissance moins forte de l’encours par rapport aux années précédentes et beaucoup moins de dossiers traités dans les agences selon les témoignages des professionnels. «Durant la première moitié de 2009, la situation s’est quelque peu améliorée en comparaison avec 2008, mais elle reste largement en deçà des réalisations d’il y a deux ans», affirme un autre banquier.

Le crédit à 40 ans n’est plus proposé que par la BMCI

Dans ce contexte, les établissements bancaires font tout pour séduire les clients et en attirer le maximum. A commencer par le taux d’intérêt qui n’a pas connu de hausse depuis son plus bas atteint en 2007 et qui est toujours de 5,07% hors taxe et variable pour les durées supérieures à 7 ans. Actuellement, les banques accordent presque systématiquement ce minima à tous les demandeurs de crédit. Cela dit, certaines d’entre elles peuvent fixer un taux plus élevé, par exemple 5,50% hors taxe, à un client dont le profil n’est pas des meilleurs. Même avec cela, les taux dépassent rarement les 6%. Pour le taux fixe, il s’élève pour sa part à 5,82% chez la majorité des banques. Il peut dépasser toutefois les 6% chez certains établissements, toujours selon le profil du client.
Hormis ces taux standards, il existe des taux spécifiques que les banques accordent aux clients travaillant au sein d’entreprises conventionnées (voir encadré ci-dessous) ou dans le cadre de certains projets immobiliers (Tanger Resort, Bouskoura Golf City…) qui peuvent atteindre des niveaux intéressants. Il y a aussi des formules innovantes qui permettent de se prémunir contre le risque de hausse des taux sans forcément opter pour un taux fixe. C’est le cas notamment du CIH qui offre la possibilité de répercuter la hausse ou la baisse des taux sur la durée (allonger la durée quand les taux augmentent et la raccourcir quand ils baissent).

Pour ce qui est de la quotité de financement, si l’on n’accorde plus du 125%, ce qui servait auparavant à financer la partie payée au noire, les banques accordent actuellement des crédits couvrant jusqu’à 110% du prix du bien (Banque Populaire, BMCE Bank, CIH…). Ce niveau sert à financer en plus du prix de l’immeuble les frais liés à l’enregistrement, à la conservation, à l’hypothèque et les honoraires du notaire, en plus des frais de l’assurance décès-invalidité. La partie du prix payée au noir peut quant à elle être financée par un crédit à part, comme le fait par exemple la BMCI qui accorde en plus du crédit logement un prêt complémentaire correspondant à un maximum de 20% du prix déclaré et ce, à un taux plus avantageux que celui du crédit à la consommation classique (8,50%) sur une durée qui peut atteindre 8 ans.

Concernant la capacité d’endettement, rien n’a changé et les établissements bancaires respectent toujours le niveau de 45% des revenus. Certaines banques appliquent même un niveau plus serré, 40%, et n’acceptent de passer à 45% que sur accord du comité de crédit. D’autres peuvent par contre aller jusqu’à 50% si les revenus mensuels dépassent les 20 000 DH.
Enfin, pour ce qui est de la durée du crédit, quasiment toutes les banques vont jusqu’à 25 ans pour les prêts à long terme. Seule la BMCI continue de proposer des formules à 30 ou 40 ans.
A noter que les crédits peuvent désormais courir jusqu’à l’âge de 70 ans, c’est-à-dire qu’un client de 45 ans par exemple peut toujours prendre un prêt sur 25 ans vu que son assurance décès le couvre jusqu’au terme du crédit. Enfin, toutes les formules de prêt au logement peuvent être assorties d’une période de différé de paiement qui peut atteindre 12 mois chez certains établissements.

Les petits taux pour les petits montants dans le crédit conso
En ce qui concerne les crédits à la consommation, il faut d’abord distinguer entre les offres standards et celles spéciales. Les sociétés de financement ont en effet pratiquement toutes mis en place des formules promotionnelles depuis le début de l’année pour stimuler la demande du public et maintenir le rythme de croissance de la production des crédits.
Ainsi, on retrouve par exemple des offres à un taux de 6,9% hors taxe chez Eqdom dans le cadre de sa promotion d’été, de 7% chez Acred ou de 9% chez Cetelem pour les anciens clients qui n’ont eu aucun incident de remboursement. Cela dit, ces taux exceptionnellement bas ne peuvent être obtenus que dans le cadre d’offres spécifiques en termes de montant et de durée. Le taux de 6,9% que propose Eqdom à titre d’exemple n’est en effet valable que pour un montant de 20 000 DH remboursable sur 72 mois. De même, Acred ne propose son taux de 7% que pour les prêts de 5 000 DH remboursables en 12 mensualités seulement.
Si l’on veut contracter un montant plus important sur une durée plus longue, on se voit donc appliquer les conditions standards. Et là, le taux d’intérêt n’est pas du tout le même que dans les formules promotionnelles. Il passe en effet à près de 12% (11,95% chez Salafin par exemple) voire plus chez certaines sociétés de financement, sachant que le taux maximum des intérêts conventionnels est fixé à 14,4% par Bank Al-Maghrib jusqu’à fin mars 2010.

Les montants à contracter peuvent pour leur part atteindre jusqu’à 200 000 DH. Seulement, certains établissements ne vont pas jusqu’à ce niveau. C’est le cas par exemple de Wafasalaf qui s’arrête à un maximum de 150 000 DH ou de Salafin qui ne dépasse pas 100 000 DH. Bien entendu, dans le cadre des conventions signées entre les entreprises et les sociétés de financement, ces niveaux peuvent être largement dépassés.
Pour ce qui est des durées de remboursement, la limite la plus répandue est de 60 mois. Cela dit, afin de réduire au maximum le niveau des mensualités, les sociétés de financement peuvent aller désormais jusqu’à 84 mois.
Les frais de dossier démarrent quant à eux à 150 DH TTC. Ils varient selon le montant du prêt et peuvent atteindre jusqu’à 1 000 DH. Enfin, pratiquement toutes les offres sont assorties d’un différé de remboursement d’un mois généralement.

Chiffres : L’encours des crédits progresse moins vite qu’auparavant

La croissance de l’encours des crédits bancaires a connu un tassement incontestable cette année. Selon les dernières statistiques du secteur bancaire publiées par le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), les créances sur la clientèle des banques se sont établies à 492,6 milliards de DH à fin juin 2009, marquant une progression de 15,46% par rapport à juin 2008. Entre cette dernière date et juin 2007, la croissance des créances a été de plus de 29%. Concernant les crédits immobiliers et à la consommation, la tendance est plus perceptible. En effet, les prêts au logement ont totalisé un encours de 106,12 milliards de DH à fin juin 2009, soit une hausse de 13,39% par rapport à juin 2008, à comparer à une évolution de plus de 23% entre juin 2008 et juin 2007. Par rapport au début de l’année, la progression ressort limitée à 8,37% alors qu’elle a été de 34,37% en juin 2008 par rapport au mois de janvier de la même année. L’encours des crédits à la consommation marque quant à lui une hausse de 23,93% en juin 2009 par rapport à la même période en 2008, contre une progression de 35,94% entre juin 2008 et juin 2007. Depuis le début de l’année, ce type de crédit a enregistré une croissance de 12,12% alors qu’il avait crû de 21,46% de janvier à juin 2008.

Focus :D es conditions de crédit meilleures pour les salariés des entreprises conventionnées

Les banques de la place ont quasiment toutes signé des conventions avec des entreprises pour le financement des projets de leurs salariés. Dans le cadre de ces conventions, des conditions très avantageuses sont appliquées. Prenons à titre d’exemple celle en place entre la société Achaabi Lil Iskane et BMCE Bank pour le prêt «Immo Plus». Si la durée (25 ans maximum) et la capacité d’endettement (45% à 50% selon le revenu) restent les mêmes que pour n’importe quel client, le taux, lui, est plus avantageux pour les salariés de cette société. Il est fixé en effet à 4,99% hors taxe, qu’il soit fixe ou variable. Autre avantage : le différé de remboursement peut atteindre 18 mois. S’agissant du crédit à la consommation, les salariés de cette même entreprise peuvent contracter le «crédit immédiat» mis en place par Salafin, filiale de BMCE Bank, à des conditions intéressantes. Le taux d’intérêt est en effet de 7,50% hors taxe quand la durée est inférieure à 60 mois et de 7,75% si le crédit court au-delà de cette durée. Ceci alors que le taux standard s’élève à 11,95% chez cette même société de financement. Le montant maximum à contracter est lui aussi différent puisqu’il peut atteindre 150 000 DH contre 100 000 dans le cas d’un client normal. Quant à la durée, elle peut aller jusqu’à 83 mois dans le cadre de cette convention contre 48 mois pour un client normal.


Enfin les nouveaux acteurs comme CAFPI Maroc (premier courtier en prêt immobilier) font bouger le marché des crédits immobiliers au Maroc en offrant des conseillers maîtrisant tous les types de crédits (depuis damane sakane au prêt in finé, en passant par le prêt relais ou le lissage de mensualités pour une VEFA).
Ils offrent aussi des taux et conditions compétitifs grace à l’effet de volume et ce genre d’acteurs à un effet très positif sur l’évolution du marché de l’immobilier marocain au global.

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