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Interview de Youssef Chraibi de CAPFI Maroc

Ci dessous un bout d’interview de Youssef Chraibi du courtier en crédit immobilier CAFPI, leader au Maroc et en France :

L’immobilier haut de gamme de Marrakech et Tanger connait-il un ralentissement de son marché ? Si oui, quelles en sont toutes les raisons selon votre analyse?

 

Un ralentissement du marché est un terme bien choisi, on ne parle pas de crise, d’effondrement ni de bulle immobilière. Nous parlons de marchés qui ont connu des taux de croissance astronomiques (correspondant à un phénomène de rattrapage, plus qu’a un effet conjoncturel).

 

Ce ralentissement est palpable dans les villes que vous citez. Il se manifeste par :

-          L’allongement des durées de transactions (une acquisition qui prenait 15 jours en 2005, prend 3 mois aujourd’hui)

-          Un stock d’habitations haut de gamme disponible dû au fait que les promoteurs sont en phase de livraison de projets dont les constructions ont démarrés en 2006 moment où me marché était au maximum.

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Ces marchés hier conduits par l’offre sont aujourd’hui conduits par la demande. C’est un équilibrage classique et qui se maintiendra si les bâtisseurs ne les laissent pas de côté et continuent d’alimenter l’offre. Sa capacité à négocier les prix par exemple devient beaucoup plus importante. Du côté du client c’est tout bénéfice puisque qu’il gagne en capacité de négociation.

 

 

D’autres éléments liées au financement sont à prendre en compte et sont à mon sens essentiels pour expliquer l’état du marché immobilier dans ces 2 grandes villes. Par exemple, dans le cas de la clientèle non résidente au Maroc, celle ci est significative dans ces 2 villes et la crise internationale n’est pas non plus très loin. Comment estimé le niveau de risque lié à un salarié aujourd’hui dans une basée à l’étranger ou dans une multinationale en difficulté ? L’attention de nos banquiers se focalisera sur la qualité des dossiers, et les critères de sélection seront minutieusement étudiés.

 

2- Si il y a crise, pensez-vous, en tant que spécialiste, que les prix reviennent à la normale, donc qu’il s’agit d’une remise à niveau des prix comme cela se passe en Europe, ou qu’il s’agit d’une véritable crise?

 

Comme je le dit plus haut, Marrakech et Tanger ont connu un phénomène de rattrapage des prix par rapport à des destinations internationales comparables.

Ceci dit de manière générale les prix des grandes villes marocaines ont tendance à stagner. Pour autant, à Marrakech et à Tanger, il s’agit d’un marché plus cyclique que dans les villes purement économiques comme Casablanca ou Rabat. Si nos promoteurs décidaient d’arrêter de ralentir la construction dans ces villes et que les stocks de logements haut de gamme sont vendus, ils y aura une forte pression sur l’offre, donc une hausse des prix. Si cela ce cumul à une reprise de la demande internationale, le phénomène haussier pourrait être important.

Ce n’est donc pas selon moi un phénomène structurel de baisse des prix, mais un rééquilibrage du marché, un peu accentué par le contexte international.

 

 

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