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Le crédit Immobilier et Hotelier du Maroc (CIH) traverse une passe difficile

Interview et article du président du crédit Immobilier et Hotelier du Maroc (CIH) dans l’économiste.


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Journaliste : A la lumière des derniers résultats publiés par la banque, le redressement semble difficile?

- Les résultats 2009 sont effectivement en baisse par rapport à ceux de 2008, aussi bien pour les comptes sociaux que consolidés. Une partie de l’explication vient du fait qu’au CIH, le volet non récurrent, lié à la récupération des créances anciennes, est important et ne joue pas de la même manière d’une année sur l’autre. L’année 2007 et 2008 ont connu des retours sur certains dossiers avec des montants de récupération relativement significatifs, qui ont eu un impact positif sur les résultats et par conséquent sur les performances de la banque ainsi que sur le renforcement des fonds propres. Pour l’année 2009, ce paramètre a moins joué. Nous avons eu également en termes de charge quelques arbitrages à faire, notamment sur les chantiers informatiques et sur les risques opérationnels où nous avons dû constater des provisions sur des charges. En activité récurrente, l’année n’est pas très bonne mais n’est pas mauvaise non plus. La rentabilité des fonds propres enregistrée est tout de même de 9%. Ce n’est évidemment pas le niveau souhaité par le management ou les actionnaires mais nous ne pouvons affirmer non plus que ce soit négatif. Sur les comptes consolidés, il y a eu un alignement plus prudent entre le mode de provisionnement IFRS et le mode de provisionnement social qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Nous avons procédé à un ajustement aux normes IFRS, ce qui a tiré un peu le résultat vers le bas par rapport au social. Il y a aussi l’activité hôtelière qui a été négative ce qui a impacté les résultats consolidés du groupe sachant que l’hôtellerie n’est pas censée rester longtemps dans le giron de la banque.


Journaliste : Il y a tout de même 5 milliards de DH dehors?
- Nous avons isolé en effet une centaine de dossiers pour un peu moins de 5 milliards de DH que nous avons confié à une direction spécialisée pour le recouvrement. Il faut dire que ces 5 milliards de DH sont relativement bien couverts par des garanties. Je précise que nous faisons aujourd’hui une distinction entre dossiers anciens et dossiers relevant de la banque courante. Cet isolement de créances anciennes dans une direction à part évite de polluer l’activité normale et récurrente de la banque. C’est sur ces bases-là que nous présenterons désormais nos résultats. Sachant que la partie qui viendrait du recouvrement serait isolée, dans un souci de transparence.

Journaliste : Le CIH opère historiquement dans l’immobilier, quelle est votre analyse du comportement de ce marché?

- Il est important de rappeler que beaucoup de Marocains ont eu affaire à un moment ou à un autre au CIH et je suis heureux de constater que nous avons aidé beaucoup de promoteurs à réaliser leurs programmes et beaucoup de Marocains à devenir propriétaires de leurs logements. La demande reste malgré tout importante. Nous estimons le déficit de logements à peu près un million de logements et les besoins nouveaux aux alentours de 100.000 pour les ménages qui arrivent sur le marché.
Pour le marché de l’immobilier et de la construction, il y a donc des perspectives pour les 30 prochaines années. Nous allons incontestablement accompagner ce mouvement-là.
Maintenant sur la situation réelle du marché, puisque c’est l’objet de votre question, nous ne sommes pas dans la situation de l’Espagne ou d’autres pays qui ont connu des bulles. Il y a sans doute des méventes sur certains programmes de logement haut standing et logements secondaires, comme il y a également un ralentissement de production, dû au fait des changements des modes de soutien de l’Etat et qui a nécessité une période de réadaptation.
Mais ce ralentissement ne doit pas inquiéter outre mesure. 2009 et 2010 seront des années de production faible mais je pense qu’à partir de fin 2010 nous attendons un retour et 2011 devrait être une bonne année.

Plan pour les MRE : évolution des flux financiers et liens économiques avec le Maroc

Dans le rapport du plan VISION 2008 2012 pour les MRE (Marocain résidents à l’étranger), on trouve un gros chapitre sur les transfert d’argent et l’impact financier des MRE. En effet, plus de 10% de la population marocaine vit hors du Maroc !


Transferts : 9% du PIB

Une évolution toute aussi remarquable de la CMRE concerne sa contribution à l’économie nationale, davantage visible à travers les transferts de fonds. Ces derniers ont enregistré une évolution spectaculaire au cours des dix précédentes années.

Comme les footeux à l'étranger

Comme les footeux à l'étranger

Ils sont passés de l’ordre de 20 milliards de dhs en 1998 à plus de 57 Milliards de dhs en 2007 avec parfois des taux d’augmentation élevés, voire très élevés comme ce fut le cas en 2000 (+20,8%) et 2001 (+60,5%).
Pour l’année 2008 (fin octobre), les recettes M.R.E se sont stabilisées à 46 milliards de dhs contre 46 milliards de dhs, aussi, à fin octobre 2007.

En termes macroéconomiques, ces transferts représentaient, en 2005, 9% du PIB, 296% des investissements directs étrangers au Maroc, et 704% de l’aide publique au développement reçue par la Maroc, nonobstant leur impact sur la balance des paiements, les dépôts des banques, la cohésion sociale et la solidarité.


Ils constituent donc, de ce fait, un enjeu crucial pour la stabilité et le développement économique, social, humain et politique du pays tout entier.

L’impact des transferts des MRE sur l’équilibre des échanges commerciaux et avec l’extérieur prend une importance significative, car c’est grâce à ces transferts que la balance des paiements enregistre un solde net positif de 18,857 milliards de dhs qui se transformerait, sans les transferts des MRE, en un solde négatif de 36,269 milliards de dhs compte tenu du déficit de la balance commerciale de 138,83 milliards de dhs. A noter que les MRE ont accès au crédit immobilier au Maroc sans grand problème. Jusqu’au milieu de 2009 ils pouvaient emprunter plus de 100% même pour financer le black et les frais de notaire. Cette fin d’été il est plus difficile de trouver un prêt immobilier pour couvrir plus de 100 % (voir parfois pour couvrir 100%), car les banques savent qu’en ce moment les MRE sont plus menacés dans leur réalité économique et certains pourraient avoir des difficultés à rembourser leur credit.



Les transferts des M.R.E constituent aujourd’hui la première source de devises pour le pays et se placent devant les recettes de voyage.

L’analyse du comportement des transferts des MRE révèle un recours massif aux virements bancaires et dans une moindre mesure aux billets de banque et aux virements postaux.
Sur la période 2002-2007, 61% des transferts ont été réalisés par virements bancaires, 27% sous forme de billets de banque et 12% sous forme de virements postaux.

Ces derniers restent peu sollicités relativement au circuit bancaire. Leur part dans le total des transferts n’a cessé de régresser depuis le début de la décennie précédente en faveur du change direct des billets de banque.

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