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Evolution des liquidités des banques et des encours de crédit immobilier au Maroc

Le manque de liquidité qui caractérise depuis plus de deux ans le secteur bancaire marocain a fait croire à nombre d’observateurs que les conditions de financement allaient immanquablement devenir plus serrées, avec par exemple des taux d’intérêt plus élevés, des durées de remboursement moins longues ou des examens de dossiers plus fermes. Qu’en est-il réellement sur le terrain ? Un tour chez les établissements bancaires de la place permet rapidement de réaliser que les conditions d’octroi du crédit sont toujours aussi favorables qu’auparavant et ce, aussi bien pour le prêt au logement que pour le crédit à la consommation.
Certes, les offres excessives du financement à hauteur de 125% du prix ou à des taux d’intérêt inférieurs au minimum légal ne sont plus d’actualité, à la fois à cause du contexte du marché et des restrictions de Bank Al-Maghrib. Mais les banques de la place continuent d’accorder à leurs clients le meilleur de ce qu’ils peuvent avoir comme conditions et ce, dans tous les aspects du crédit. «Contrairement à ce que pensent les clients, les directives données aux réseaux n’ont pas été de serrer la vis à cause du manque de liquidités mais, au contraire, de poursuivre le même rythme de financement des particuliers et des entreprises tout en redoublant d’efforts pour collecter plus de dépôts», explique un directeur d’agence bancaire.
Commençons d’abord par les prêts immobiliers. Presque tous les banquiers l’attestent, l’euphorie qu’a connue, ce segment du crédit en 2006 et 2007 n’est plus. Un renversement de tendance a en effet eu lieu en 2008, avec une croissance moins forte de l’encours par rapport aux années précédentes et beaucoup moins de dossiers traités dans les agences selon les témoignages des professionnels. «Durant la première moitié de 2009, la situation s’est quelque peu améliorée en comparaison avec 2008, mais elle reste largement en deçà des réalisations d’il y a deux ans», affirme un autre banquier.

Le crédit à 40 ans n’est plus proposé que par la BMCI

Dans ce contexte, les établissements bancaires font tout pour séduire les clients et en attirer le maximum. A commencer par le taux d’intérêt qui n’a pas connu de hausse depuis son plus bas atteint en 2007 et qui est toujours de 5,07% hors taxe et variable pour les durées supérieures à 7 ans. Actuellement, les banques accordent presque systématiquement ce minima à tous les demandeurs de crédit. Cela dit, certaines d’entre elles peuvent fixer un taux plus élevé, par exemple 5,50% hors taxe, à un client dont le profil n’est pas des meilleurs. Même avec cela, les taux dépassent rarement les 6%. Pour le taux fixe, il s’élève pour sa part à 5,82% chez la majorité des banques. Il peut dépasser toutefois les 6% chez certains établissements, toujours selon le profil du client.
Hormis ces taux standards, il existe des taux spécifiques que les banques accordent aux clients travaillant au sein d’entreprises conventionnées (voir encadré ci-dessous) ou dans le cadre de certains projets immobiliers (Tanger Resort, Bouskoura Golf City…) qui peuvent atteindre des niveaux intéressants. Il y a aussi des formules innovantes qui permettent de se prémunir contre le risque de hausse des taux sans forcément opter pour un taux fixe. C’est le cas notamment du CIH qui offre la possibilité de répercuter la hausse ou la baisse des taux sur la durée (allonger la durée quand les taux augmentent et la raccourcir quand ils baissent).

Pour ce qui est de la quotité de financement, si l’on n’accorde plus du 125%, ce qui servait auparavant à financer la partie payée au noire, les banques accordent actuellement des crédits couvrant jusqu’à 110% du prix du bien (Banque Populaire, BMCE Bank, CIH…). Ce niveau sert à financer en plus du prix de l’immeuble les frais liés à l’enregistrement, à la conservation, à l’hypothèque et les honoraires du notaire, en plus des frais de l’assurance décès-invalidité. La partie du prix payée au noir peut quant à elle être financée par un crédit à part, comme le fait par exemple la BMCI qui accorde en plus du crédit logement un prêt complémentaire correspondant à un maximum de 20% du prix déclaré et ce, à un taux plus avantageux que celui du crédit à la consommation classique (8,50%) sur une durée qui peut atteindre 8 ans.

Concernant la capacité d’endettement, rien n’a changé et les établissements bancaires respectent toujours le niveau de 45% des revenus. Certaines banques appliquent même un niveau plus serré, 40%, et n’acceptent de passer à 45% que sur accord du comité de crédit. D’autres peuvent par contre aller jusqu’à 50% si les revenus mensuels dépassent les 20 000 DH.
Enfin, pour ce qui est de la durée du crédit, quasiment toutes les banques vont jusqu’à 25 ans pour les prêts à long terme. Seule la BMCI continue de proposer des formules à 30 ou 40 ans.
A noter que les crédits peuvent désormais courir jusqu’à l’âge de 70 ans, c’est-à-dire qu’un client de 45 ans par exemple peut toujours prendre un prêt sur 25 ans vu que son assurance décès le couvre jusqu’au terme du crédit. Enfin, toutes les formules de prêt au logement peuvent être assorties d’une période de différé de paiement qui peut atteindre 12 mois chez certains établissements.

Les petits taux pour les petits montants dans le crédit conso
En ce qui concerne les crédits à la consommation, il faut d’abord distinguer entre les offres standards et celles spéciales. Les sociétés de financement ont en effet pratiquement toutes mis en place des formules promotionnelles depuis le début de l’année pour stimuler la demande du public et maintenir le rythme de croissance de la production des crédits.
Ainsi, on retrouve par exemple des offres à un taux de 6,9% hors taxe chez Eqdom dans le cadre de sa promotion d’été, de 7% chez Acred ou de 9% chez Cetelem pour les anciens clients qui n’ont eu aucun incident de remboursement. Cela dit, ces taux exceptionnellement bas ne peuvent être obtenus que dans le cadre d’offres spécifiques en termes de montant et de durée. Le taux de 6,9% que propose Eqdom à titre d’exemple n’est en effet valable que pour un montant de 20 000 DH remboursable sur 72 mois. De même, Acred ne propose son taux de 7% que pour les prêts de 5 000 DH remboursables en 12 mensualités seulement.
Si l’on veut contracter un montant plus important sur une durée plus longue, on se voit donc appliquer les conditions standards. Et là, le taux d’intérêt n’est pas du tout le même que dans les formules promotionnelles. Il passe en effet à près de 12% (11,95% chez Salafin par exemple) voire plus chez certaines sociétés de financement, sachant que le taux maximum des intérêts conventionnels est fixé à 14,4% par Bank Al-Maghrib jusqu’à fin mars 2010.

Les montants à contracter peuvent pour leur part atteindre jusqu’à 200 000 DH. Seulement, certains établissements ne vont pas jusqu’à ce niveau. C’est le cas par exemple de Wafasalaf qui s’arrête à un maximum de 150 000 DH ou de Salafin qui ne dépasse pas 100 000 DH. Bien entendu, dans le cadre des conventions signées entre les entreprises et les sociétés de financement, ces niveaux peuvent être largement dépassés.
Pour ce qui est des durées de remboursement, la limite la plus répandue est de 60 mois. Cela dit, afin de réduire au maximum le niveau des mensualités, les sociétés de financement peuvent aller désormais jusqu’à 84 mois.
Les frais de dossier démarrent quant à eux à 150 DH TTC. Ils varient selon le montant du prêt et peuvent atteindre jusqu’à 1 000 DH. Enfin, pratiquement toutes les offres sont assorties d’un différé de remboursement d’un mois généralement.

Chiffres : L’encours des crédits progresse moins vite qu’auparavant

La croissance de l’encours des crédits bancaires a connu un tassement incontestable cette année. Selon les dernières statistiques du secteur bancaire publiées par le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), les créances sur la clientèle des banques se sont établies à 492,6 milliards de DH à fin juin 2009, marquant une progression de 15,46% par rapport à juin 2008. Entre cette dernière date et juin 2007, la croissance des créances a été de plus de 29%. Concernant les crédits immobiliers et à la consommation, la tendance est plus perceptible. En effet, les prêts au logement ont totalisé un encours de 106,12 milliards de DH à fin juin 2009, soit une hausse de 13,39% par rapport à juin 2008, à comparer à une évolution de plus de 23% entre juin 2008 et juin 2007. Par rapport au début de l’année, la progression ressort limitée à 8,37% alors qu’elle a été de 34,37% en juin 2008 par rapport au mois de janvier de la même année. L’encours des crédits à la consommation marque quant à lui une hausse de 23,93% en juin 2009 par rapport à la même période en 2008, contre une progression de 35,94% entre juin 2008 et juin 2007. Depuis le début de l’année, ce type de crédit a enregistré une croissance de 12,12% alors qu’il avait crû de 21,46% de janvier à juin 2008.

Focus :D es conditions de crédit meilleures pour les salariés des entreprises conventionnées

Les banques de la place ont quasiment toutes signé des conventions avec des entreprises pour le financement des projets de leurs salariés. Dans le cadre de ces conventions, des conditions très avantageuses sont appliquées. Prenons à titre d’exemple celle en place entre la société Achaabi Lil Iskane et BMCE Bank pour le prêt «Immo Plus». Si la durée (25 ans maximum) et la capacité d’endettement (45% à 50% selon le revenu) restent les mêmes que pour n’importe quel client, le taux, lui, est plus avantageux pour les salariés de cette société. Il est fixé en effet à 4,99% hors taxe, qu’il soit fixe ou variable. Autre avantage : le différé de remboursement peut atteindre 18 mois. S’agissant du crédit à la consommation, les salariés de cette même entreprise peuvent contracter le «crédit immédiat» mis en place par Salafin, filiale de BMCE Bank, à des conditions intéressantes. Le taux d’intérêt est en effet de 7,50% hors taxe quand la durée est inférieure à 60 mois et de 7,75% si le crédit court au-delà de cette durée. Ceci alors que le taux standard s’élève à 11,95% chez cette même société de financement. Le montant maximum à contracter est lui aussi différent puisqu’il peut atteindre 150 000 DH contre 100 000 dans le cas d’un client normal. Quant à la durée, elle peut aller jusqu’à 83 mois dans le cadre de cette convention contre 48 mois pour un client normal.


Enfin les nouveaux acteurs comme CAFPI Maroc (premier courtier en prêt immobilier) font bouger le marché des crédits immobiliers au Maroc en offrant des conseillers maîtrisant tous les types de crédits (depuis damane sakane au prêt in finé, en passant par le prêt relais ou le lissage de mensualités pour une VEFA).
Ils offrent aussi des taux et conditions compétitifs grace à l’effet de volume et ce genre d’acteurs à un effet très positif sur l’évolution du marché de l’immobilier marocain au global.

Taux variables, les nouvelles règles du jeu

 Une réforme du mécanisme d’indexation des taux variables est en cours de finalisation. 

Deux pistes ouvertes par les membres d’une commission tripartite associant la Banque centrale, le Trésor et le GPBM. Leur point commun : elles retirent au Trésor le pouvoir d’influencer le mode de révision pour enfin le confier au marché interbancaire. Seulement, pour des raisons d’ordre juridique, le nouveau système d’indexation s’appliquera uniquement aux nouveaux contrats de crédits à taux variable.

Jusqu’à ce jour, le Trésor se trouve dans une situation particulièrement gênante qui le contraint à limiter son financement au seul créneau des maturités courtes et occasionnellement moyennes. Depuis plus de deux ans, le ministère des Finances a préféré suspendre ses interventions de longue maturité (plus de dix ans). La raison qui explique ce comportement est notoirement louable. A chaque fois qu’il est appelé à réagir à ce sujet, le directeur du Trésor, Zouheir Chorfi, se montrait intransigeant face à la pression des intermédiaires (banques et assurances) : « Nous ne voulons pas être taxés d’être à l’origine d’une hausse des taux variables », répétait-il à qui voulait l’entendre. Notons aussi que le coût ou le prix proposé par les intermédiaires ne se présentait pas dans des niveaux acceptables aux yeux du Trésor. Au cas où ce dernier aurait cédé à la pression de cette demande, les crédits consentis aux clients, à taux variable, auraient dû subir des variations relativement importantes. C’est donc un geste fort de la part du gouvernement, dont on parle rarement, lequel s’ajoute aux différentes mesures introduites dans le souci de préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Généralement, l’on s’accorde à conseiller de souscrire un crédit à taux variable lorsqu’on anticipe une baisse des taux d’intérêt. Si le contexte du début des années 2000 était propice à l’émergence de cette pratique, la conjoncture actuelle, marquée par une incertitude liée à la conjoncture économique internationale, combinée à une plus grande flexibilité des taux d’intérêt au Maroc, appelle sans doute à faire preuve d’une grande prudence. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les agents économiques s’endettent de moins en moins à taux variable. Toutefois, le stock du « variable », essentiellement dans le segment des crédits immobiliers, a très fortement augmenté pour atteindre un stock équivalent à celui des taux fixes. De 2005 à 2007, la production des crédits immobiliers a été réalisée, pour plus de la moitié, à taux variable. Cette proportion a tendance à baisser pour revenir à moins de 40%. Comparativement à d’autres pays, le même ratio ressortait à moins de 30% pour la France et l’Allemagne, 70% pour le Royaume-Uni et l’Italie et 97% pour l’Espagne.

La logique derrière l’absence du Trésor paraît certes compréhensible de par sa teneur « sociale », mais le statu quo actuel ne sera plus tenable dans la durée car, de la sorte, on affecte involontairement le mécanisme mécanique de transmission de la politique monétaire. La Banque centrale aura beau déplacer, à la baisse ou à la hausse, le curseur de son taux directeur (qui renseigne sur le prix de l’argent au jour le jour), une fois que le Trésor persistera à s’absenter sur le marché adjudicataire des échéances longues, ce comportement aura pour conséquence d’atténuer l’impact de la politique monétaire sur les taux variables. Par ailleurs, en cas de hausses successives du taux directeur, le mécanisme en place pourrait affecter la gestion Actif-Passif des banques. Dans un tel scénario, l’annonce d’une modification du taux directeur risque de n’intéresser que le monde interbancaire et ne serait que partiellement transmise sur le coût des crédits à taux variables.
Vis-à-vis de l’expérience occidentale, le modèle marocain du taux variable se distingue par la nature de son système d’indexation lié directement aux taux pratiqués sur le marché des adjudications des bons du Trésor.

Ailleurs, pour ne prendre que l’exemple européen, la référence retenue est guidée par le comportement du marché interbancaire. C’est la raison pour laquelle les ménages suivent de près l’évolution de l’Euribor, le principal taux de référence du marché monétaire de la zone euro. Cet indicateur reflète le taux moyen auquel un échantillon de 57 grandes banques prêtent en blanc (c’est-à-dire sans que le prêt ne soit gagé par des titres) à d’autres grandes banques. A chaque fois que Jean-Claude Trichet change le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), l’annonce est très attendue et chacun se met à ajuster ses propres anticipations au gré de la nouvelle donne. Migrer d’un taux fixe à un taux variable ou bien l’inverse, racheter son crédit, rembourser par anticipation…ce type d’ajustement fait partie d’une culture pleinement appropriée par les clients en Europe et surtout aux États-Unis. On trouve même sur le Net des sites ou parfois des blogs spécialisés dans le conseil en taux d’intérêt. Maintenant, pour revenir au cas marocain, il faut dire que la politique monétaire des années 80 et 90 a été dominée par la gestion du taux de change. Encore faut-il rappeler que la pratique du taux variable est très récente au Maroc.

Si les clients l’ont très fortement utilisée ces cinq dernières années, c’est parce que ce choix leur a permis de profiter naturellement d’un coût largement inférieur au choix d’un taux fixe. Le contexte s’y prêtait, il y a eu une baisse graduelle des taux d’intérêt, une baisse de l’inflation, une solidité des bilans bancaires, le tout dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Entre-temps, beaucoup de choses ont changé. Le monde a changé aussi. Il y a eu également la nomination d’un nouveau gouverneur à la tête de la Banque centrale, en la personne de Abdellatif Jouahri. En déployant ses multiples talents de banquier chevronné, le Wali de BAM a mené jusque-là avec succès la réforme des statuts de l’institut d’émission avec, en toile de fond, l’indépendance de la politique monétaire des politiques (gouvernement). En contrepartie de cette séparation de pouvoirs vis-à-vis des décideurs de la politique budgétaire, Bank Al-Maghrib (BAM) se fixe un seul et unique objectif, celui de la stabilité des prix. Mission pleinement réussie malgré la flambée des prix des matières premières en 2008 et les soubresauts de la crise économique mondiale. Trait saillant de cette mutation, les agents économiques intègrent les prévisions de la Banque centrale dans leurs anticipations. Preuve en est que bien avant la dernière réunion du Conseil de BAM, le 24 mars dernier, les observateurs du marché monétaire avaient déjà anticipé une baisse du taux directeur.

La seule chose qu’on ne connaissait pas avant l’annonce officielle, c’était l’ampleur de la baisse. Le fait d’anticiper cette décision reflète la crédibilité de l’institut d’émission et donne du sens à son indépendance. L’idéal serait de voir ce type de décisions laisser des traces sur l’ensemble des taux, peu importe les échéances. L’indexation des taux variables sur le coût de financement du Trésor, tout en empêchant ce dernier de se financer à long terme dans des conditions semblables à celles qu’on vit aujourd’hui, remet en cause la notion de la variabilité elle-même. Conscients de ce biais, les acteurs du marché monétaire sont en train de finaliser une réforme du système d’indexation. Une commission tripartite associant le Trésor, la Banque centrale et le GPBM examine depuis quelques mois les différentes pistes exploitables. Deux options restent ouvertes, apprend-on d’une source proche du dossier. L’idée retenue au départ serait d’associer le mécanisme d’indexation à une référence monétaire. Pour concrétiser cette solution, il va falloir disposer d’une courbe des taux à terme (et non pas au jour le jour) pratiqués sur le marché interbancaire similaire à la courbe de l’Euribor. Seul hic, les banques marocaines ne cotent pas à terme (par exemple, prêts en plusieurs maturités, 3 mois, 6 mois, 9 mois, 12 mois). Autrement dit, elles doivent afficher les cotations qu’elles proposent pour les échanges à terme. C’est sur cette base qu’il serait possible de calculer une courbe monétaire pour un ensemble de maturités, en général jusqu’à 12 mois. La publication et la mise à jour en temps réel de cette courbe de cotation est confiée généralement à une association de marché ou bien à la Banque centrale.

Dans la mesure où les conditions favorables à cette mutation ne sont pas encore requises, la commission tripartite pense à une solution provisoire qui consiste à indexer les taux variables sur la moyenne du Taux moyen pondéré (TMP) au cours des six derniers mois au sein du marché interbancaire. Exemple, le taux variable d’un crédit contracté au 26 juin 2009 sera révisé au 26 juin 2010 sur la base de la moyenne du TMP calculée pendant la période allant du 26 décembre 2009 au 26 juin 2010. A la question de savoir si, dans le contexte actuel, l’application de cette nouvelle référence impacterait à la hausse ou à la baisse les taux des crédits immobiliers (qui portent habituellement sur de longues échéances pouvant aller jusqu’à 25 ans), tout dépend de la conjoncture monétaire du semestre précédant le rendez-vous annuel de la révision du taux. Mais l’on s’accorde à dire que le taux variable sera statistiquement corrélé au taux directeur de la Banque centrale.

Au-delà de la nouvelle référence pour le calcul des taux variables, il est important de noter que la prime de risque joue un rôle important dans la formation des taux débiteurs. Celle-ci diffère d’un client à l’autre et varie selon la solidité des actifs et du dossier accompagnant la demande du crédit. Par ailleurs, si une banque envisage une détérioration généralisée de l’environnement, elle aura tendance à augmenter la prime de risque. Ce qui n’est pas le cas jusqu’à ce jour au Maroc qui s’en sort bien malgré la récession mondiale. A contrario, en Europe et surtout aux Etats-Unis, malgré un taux directeur proche de zéro, les taux variables frôlent parfois les 5% sous l’effet de cette prime de risque…
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Mode d’emploi

La réforme du système d’indexation des taux variables ne concerne que les nouveaux contrats. Les anciens contrats continueront à fonctionner selon le système révisé en 2004, lequel se réfère au marché des adjudications des bons de Trésor. Le dispositif réglementant les intérêts débiteurs stipule que le taux variable n’est applicable que pour les crédits dont la durée est supérieure à une année. Sa révision s’effectue une fois par an à la date convenue, en commun accord, entre la banque et le client. Les variations sont calculées par la Banque centrale sur la base de l’évolution des taux de référence observés au cours des douze derniers mois précédant leur publication mensuelle. Les taux de référence, correspondant aux taux moyens pondérés des bons du Trésor (BT) émis par voie d’adjudication, sont calculés et publiés mensuellement pour les maturités suivantes : les BT à 52 semaines pour les crédits dont la durée est supérieure à 1 an et inférieure à 2 ans, les BT à 5 ans pour les crédits dont la durée est comprise entre 2 et 7 ans, puis les BT de 10 à 15 ans pour les crédits dont la durée est supérieure à 7 ans.

Questions pratiques

Quel a été l’effet de la crise internationale sur le marché interbancaire marocain et sur le crédit d’une manière générale?

Les conditions monétaires au Maroc ont été épargnées des effets de la crise financière internationale. Si le climat d’incertitude prévalant depuis quelques mois sur les marchés monétaires occidentaux s’est globalement traduit par un net recul des emprunts à blanc et des transactions interbancaires, au Maroc, l’élargissement des encours échangés entre les banques laisse indiquer, selon les prévisions de la Banque centrale, une poursuite du fonctionnement normal du marché interbancaire local. De même, l’évolution du crédit demeure relativement soutenue, en dépit d’une légère correction à la baisse après des épisodes de croissance excessive. La poursuite de la dynamique du crédit n’a pas non plus nécessité un gonflement de la base monétaire, à l’opposé de l’évolution constatée dans les principaux pays affectés directement par la crise.

La baisse du taux directeur de la Banque centrale de 3,50 à 3,25%, intervenue le 24 mars dernier, a-t-elle eu un impact sur les taux du marché interbancaire ?

Il faudra attendre la publication des données des mois d’avril et mai. Cependant, parallèlement à la baisse du taux directeur, le taux moyen pondéré du marché interbancaire s’est établi à fin mars à 3,25%. Par contre, sa moyenne mensuelle s’est maintenue à un niveau de 3,45% supérieur à celui de 3,29% observé en février.

Comment la Banque centrale influence-t-elle les niveaux de taux au sein du marché interbancaire ?

La cible opérationnelle de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib (BAM) est le taux interbancaire. Afin de le maintenir à un niveau compatible avec les décisions de son Conseil, BAM régule les conditions d’offre et de demande de liquidité sur le marché interbancaire en mettant en œuvre un ensemble d’instruments et de procédures d’intervention qui constituent le cadre opérationnel de la politique monétaire. Ces instruments peuvent être initiés soit par BAM soit par les banques. L’efficacité du cadre opérationnel de la politique monétaire est renforcée par l’obligation de maintien par les banques de disponibilités en compte auprès de la banque centrale au titre de la réserve monétaire. Le taux de celle-ci a été abaissé de trois points de pourcentage à 12% dès le 1er janvier 2009

Acheter en ce moment au Maroc : Taux Fixes ou Taux révisables ?

Si vous comptez acheter très bientôt un bien au Maroc, vous vous posez sans doute la question : vais-je prendre mon crédit à taux fixes ou à taux révisables ?

L’acquisition d’un bien immobilier nécessite, avec le niveau des prix actuels, des sommes souvent conséquentes. Ces sommes peuvent être apportées en fonds propres ou empruntées à crédit.

S’il n’est pas dans les coutumes des marocains de passer par le crédit pour financer son bien, il apparaît depuis peu que la logique de rentabilité de l’investissement et surtout de nécessité, poussent les acquéreurs à faire appel au crédit immobilier.

Il s’agit, dès lors, de choisir le prêt qui vous convient le mieux.

Les grandes familles de prêts sont les prêts à taux fixes/variables, les prêts à remboursement mensuel / In Fine, les prêts élaborés (relais, mixtes,…)

Taux fixe ou révisable ?

Si la valeur du taux reste un critère clef de sélection du prêt, les modalités qui l’entourent participent pour beaucoup à ce choix.

Les taux fixes

- Avantage : La solution la plus sûre pour un investissement « long terme » et la plus avantageuse lorsque les taux du marché sont bas.

- Inconvénients : Plus cher qu’un révisable en général, aucune baisse en fonction des marchés, désavantageux lorsque les taux sont élevés.

Les taux révisables

Ce sont des taux sans buttoir à la hausse

- Avantages : En général, La mensualité la moins chère du marché. Et surtout, ils accompagnent une tendance de baisse des taux directeurs lorsqu’elle est en cours.

- Inconvénients : Le risque de hausse. En effet, lorsque les taux sont structurellement bas, et que la prévision à court/moyen terme est une hausse des taux directeurs, ces taux sont dangereux. Il est évidemment possible de se prémunir contre ces risques, en capant le taux à la hausse.

Trucs et astuces : Les taux révisables non capés sont à première vue les plus attractifs. Mais il est bon de savoir que pour les rendre aussi séduisants, ils sont souvent amputés d’une bonne partie de la marge bénéficiaire bancaire indiquée dans l’offre. C’est un taux d’appel dont la promotion n’est tenue que quelques mois. De ce fait, à la date anniversaire de la première révision, si le marché des taux ne bouge pas, votre mensualité à de fortes chances d’augmenter uniquement par le réajustement de cette marge.

Notre avis : Le contexte actuel, semble indiquer que les taux seront vraisemblablement à la hausse, comme le montre la moyenne des taux pratiqués sur le 4ème trimestre  2008. A ce titre, il est préférable  de profité des taux fixes actuels faibles.

Pour faire des simulations de mensualités, rendez-vous sur les calculatrices en ligne de ce site :
http://www.cafpimaroc.com/calcul.html

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